Casseroles

Hier en sa page trois un indispensable canard dressait la liste des élus en délicatesse avec les tribunaux déjà reconduits au premier tour de la municipale, ou promis à l’être au second.

Ce mercurial volatile en riait plutôt jaune. Il se fût moins dégoûté d’en tirer la leçon.

Plus de sagesse que de mauvais jugement entre dans le suffrage du peuple en faveur de candidats cupides ou dépravés. S’il se refuse à traquer chez eux tous les vices que la nature a faits, c’est qu’il se défend de la perfection que l’on propose à son applaudissement, et de la vertu que des commissaires imposent à son imitation ; qui ne voit qu’à vilipender l’humaine faiblesse, c’est son procès aussi qui est en creux instruit ?

Loués soient les édiles et les députés honnêtes ; fou qui prétend à l’être, et fou qui en réclame pour maîtres ! Un élu que la justice épingle, en ne valant pas plus qu’eux gratifie ses mandants d’un confort moral sans quoi l’on ne peut vivre : le droit d’être faillible. Humain, en somme. 

Publié dans : Observations | le 27 mars, 2014 |Commentaires fermés

Éloge de l’opacité

Si les partis « se forment et exercent leur activité librement » ainsi que l’entend notre Constitution, comment leur comptabilité ne serait-elle pas libre ?

C’est pitié de voir Grisdemeaux s’agiter pour persuader la galerie que le sien n’a jamais surpayé les services de ses amis publicitaires. Qui peut dire ce qu’ils valent ? Qui, que ces prestations n’ont pas comblé le client, si ce n’est le client lui-même ?

Dado joue à la balle à merveille, son club le paie pour cette tâche des milles et des cents qui doublent chaque année, la foule se presse pour le voir, se lève quand il marque, laissant les dames en pâmoison ; voilà un client satisfait.  Comme ceux de Gybrude qui s’arrachent le privilège de la cacheter sous les feux des studios pour quinze jours de tournage qui épuiseraient le budget de dix théâtres.

Qu’on nous montre que le mérite d’un athlète de la Réclame est moindre que le leur. Et que le parti qui l’emploie ne devrait pas autant qu’un autre défendre son quant-à-soi, et le libre usage de fonds qu’il ne détient pas à charge de contreparties.

Au lieu de quoi on voit Grisdemeaux, traqué, croire habile de réclamer contre ses concurrents et ses censeurs des gazettes le même tracassin qu’il affronte.

Quand on aura mis à l’affût de chaque comité de parti un commissaire de la transparence diligenté par le Trésor ou par quelque vizir déontologue, dira-t-on encore que les partis sont libres ?

Publié dans : Aile droite, Observations | le 4 mars, 2014 |Commentaires fermés

Convergence

La guerre à l’Est ?

Marsiot ouvre le même robinet à nouvelles qu’ouvre Hilarien. Lui, s’alarmait naguère que des hordes d’inverties en cheveux pussent bientôt assiéger à Moscou le siège du Patriarcat ; l’autre a tremblé la semaine dernière d’apercevoir des fachistes s’agiter dans la foule rassemblée en famille sur la place de Kiev.

Ils approuvent l’un et l’autre l’annexion russe de la Crimée.

Publié dans : Aile droite, Aile gauche, Observations | le 3 mars, 2014 |Commentaires fermés

Ad hominem

Samuelsmall, le sycophante devenu premier argousin de l’État, avait depuis sa dénonciation des Romanichels une rudesse à se faire pardonner dans l’auditoire des dames patronnesses. Il en a vu l’occasion en inventant d’interdire les numéros d’un turlupin qui a le mauvais goût de professer de lourdes opinions sur telle autre nation – disons un peu plus lourdes que celles de Samuelsmall sur les Romanichels. 

À une gazette populaire il confie une indignation de bonne contrefacture ; bientôt Grossplan lui-même, dont il ne rêve que de ravir le Premier portefeuille, applaudit son ministre et jure d’empêcher le bateleur de mettre un pied dans sa ville de Nantes ; puis c’est, sur le Vieux-Port, à qui de Visigus et Minutus, le maire uhémepiste et le chef socialeux, gardera mieux la proverbiale tranquillité de Marseille des violences verbales de l’histrion…

S’il le faut, Samuelsmall jure de faire changer la loi ; et une loi ad hominem ne lui répugnerait point, dût-elle ouvrir le chemin à la restauration du contrôle préalable sur le théâtre et les publications, dont les lois de liberté de 1791 et 1881 avaient marqué la fin.

En ces temps où l’avilissement des élus par des amuseurs conditionne les carrières politiques, faudrait-il voir, dans l’acharnement d’un ministre contre un faiseur de pets, le présage d’une vengeance ? Ce serait circonstance atténuante, si les bouffons qui étrillent Samuelsmall et ses pairs aux heures de grande écoute étaient les derniers à applaudir ici à leur fièvre purificatrice, mais il y a beau temps que l’objet de leur hargne est proscrit des plateaux.

Car ces temps sont aussi des temps de proscription, plaisants aux Samuelsmall qui les veulent parfaire. Ce ministre a raison, puisque la liberté a tort, et les électeurs ne peuvent plus dire qu’ils ne savent pas.

Centre municipal

Nécessité fait loi, s’il y a plus d’édiles à gagner d’un côté que de l’autre. Dans nos villes, l’équipage miraculeux de Loubear avec Zébuloo (ils s’aimaient et ne le savaient pas) ira donc son train selon la vieille coutume. À ceux qui avaient contracté quelque alliance à gauche, elle leur sera laissée ; aux autres sera demandé de porter à nouveau la serviette aux amis de Gridemeaux.

Ainsi cette union de raison fondée sur le serment des parties de garder leur liberté propre aura-t-elle pour effet de retirer toute liberté aux candidats de juger de leurs alliances.

Mais c’est le prix, jure-t-on, d’une liste autonome pour siéger à Strasbourg ! On en jugera à l’assiduité des élus.

Tel est le centre, qui a peur de lui-même et de son point extrême, et ne sait s’y tenir. Loubear y a laissé de sa belle insolence et un peu de notre estime.

Publié dans : Aile droite, Chronique compendieuse | le 7 novembre, 2013 |Pas de Commentaires »

Trois cent quarante-trois

La même espèce d’indignation soulève le petit-bourgeois, aujourd’hui comme hier, si neuf que son objet ait l’air. Et c’est la même requête, amère, péremptoire et plaintive, qu’il adresse à l’Etat, tant il en veut voir le bras puissant écraser les méchants que sa frustration lui désigne.

Hier que la propriété fondait la dignité, il visait l’apatride, l’anarchiste ou le chemineau ; aujourd’hui que la police des mœurs tient lieu de civisme, le libertin, le micheton et le sybarite.

Publié dans : Observations | le 4 novembre, 2013 |Commentaires fermés

Publicité

« Libération de la parole raciste… » D’où l’Etat tire-t-il cette fable à effrayer les enfants ?

De quelque injure qu’à des enfants ont insufflée des parents abrutis un jour de manifestation ? D’un jeu de mot à la une d’une feuille que personne ne lit, qui se survit depuis trente ans dans la nostalgie d’une armée secrète et de la morne incantation du refus de l’impôt, de faillite frauduleuse en renflouement de margoulin  ?

Ou de la grande nécessité d’accréditer la fable d’une ministre blessée, qui le serait davantage que le parterre doutât de la profondeur de sa blessure, et de faire valoir l’attachement au bien universel d’un gouvernement aux abois ?

Publicité ! Tu tournes la tête des puissants !

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse | le 26 octobre, 2013 |Pas de Commentaires »

Gadjo

 

Les propos de Samuelsmall, pleure une feuille du soir et s’éjouit une autre du matin, recueillent l’assentiment d’une large majorité de nos concitoyens ; et voilà un ministre qui règle plus que jamais son pas sur le fanal de Matignon. 

Une demi-sottise en prémisse et le cynisme en conclusion, il aura pourtant courroucé une majorité de l’électorat de Batavio, en ne reconnaissant qu’à une minorité de Romanichels le mérite de vouloir « s’insérer ». Mais il caressait le velours de sa manchette, lorsqu’il défia quiconque de lui montrer le contraire. Nul ne s’y est risqué, ni ne s’y risquera, parmi les chaisières du parti dévot, qui confessent la démocratie universelle, l’indignation en monodose, la vacuité du ciel et les soldes saisonniers, qui mènent grand tapage, invoquent le pacte républicain, et finissent par menacer de ne plus voter qu’au second tour pour Samuelsmall ou Batavio. Ne doutez donc pas que la concertation entre ces deux-là ait eu lieu, tout bénéfice pesé. 

Ni que les gouvernements roumain et bulgare ne se formaliseront que mollement de l’obstacle que Paris oppose à leur insertion dans le premier cercle du Vieux Monde. Le message passé par l’Intérieur épargne la délicatesse du Quai – une charge qu’Estradius n’aura pas à mener.

Oui, l’affaire est certaine, et nous avons autant de science que Samuelsmall pour vous la conter autrement. Si les Romanichels sont autre chose que ceux qui ne sont pas romanichels, qu’ils appellent gadjé et auxquels ils ne marient pas leurs filles, c’est qu’ils forment un peuple, voué à perdurer dans l’être autant que faire se peut et que s’y emploient les autres peuples pour eux-mêmes, quelque usage qu’ils aient de leurs filles. Et que tout fondé qu’il est à décompter les minorités des majorités, tel petit ministre savantasse n’ignore pas non plus que ce peuple se distingue des autres, autant que par ses déambulations, en ceci qu’il est le seul d’Europe à être dépourvu de droits politiques, tant l’Europe ne connaît de peuples que sur un lit de Procuste dont les deux dimensions sont l’Etat et le territoire. 

Ah, ministre matois : « Ces citoyens bulgares et roumains… » Ouais ! Tu sais bien ce disant que tu ne mens qu’à moitié, puisqu’ils ne sont là-bas que demi-citoyens, et pour la raison qu’on a dite qu’ils n’y demandent pas beaucoup plus qu’ici à l’être davantage.

Ce n’est pas vrai, m’a expliqué un jour une vieille au front marqué d’un point qui disait la bonne aventure, ce n’est pas vrai que ce mot de gadjo soit chargé de mépris.

Ne ferait-il pas bien parfois de l’être ?

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse, Observations | le 28 septembre, 2013 |Commentaires fermés

Tuer le père sur le chemin de Damas

On feint de le croire, et il redoute de paraître irrésolu. Batavio a décidé qu’il décidera, sans le secours de ces Messieurs du Parlement. Est-il si fou, qu’il néglige les impondérables effets, là-bas, d’une frappe contre le satrape damascène ? Sans doute pas, mais justement, il le sait, que de tels effets sont impondérables.  Mieux veut donc ne plus peser au trébuchet ces épices du Levant compliqué. Pour un monarque sage, la guerre est une monnaie qui a cours en son propre royaume.

Là, le calcul est vite fait. L’opinion est-elle contre, il s’en fera un mérite. L’opération avorte-t-elle, ce ne sera pas de son fait, mais du pusillanime allié sous la bannière de qui il s’est rangé. Échoue-t-elle, il n’y a pas de but de guerre assez connu qui empêchera qu’on la maquillât en succès. Réussit-elle à toucher ici ou là ses cibles, le voilà confirmé. Le despote se prend-il huit jours après le pied dans le tapis, son cœur le lâche-t-il, sa voiture verse-t-elle dans le fossé : ce sera un triomphe.

Or voyez au contraire le coût de ne pas donner suite aux révélations de nos agents secrets, souvent moqués, aujourd’hui dans l’orbe du Bien : passer à côté de l’histoire ?

Batavio, l’histoire ? Riez. Il n’est de gouvernant qui ne se croie guetté par cette idole.

L’Histoire… Elle agite l’ombre du Vieux Prince qui avant le nôtre mit les gauches aux affaires. Lui aussi avait tranché pour la force ; lui aussi avait œuvré à détruire un despote oriental…

Mais lui jamais n’aurait consenti à voir la France enrôlée seule avec le cousin d’Amérique, voilà ce qui a piqué Batavio : il a vu l’occasion de se démarquer de son mentor, pour hisser son nom si haut que le sien ; de ne plus attendre le fragile moment de lui disputer un prénom.

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse | le 4 septembre, 2013 |Commentaires fermés

Contrat d’avenir

Silvius a dix-sept ans et plie dans un bureau des cocottes en papier. Les journées passent. La foule sous ses pieds porte de salle en salle la rumeur d’un docile engouement ; c’est un lieu de prestige, d’où se voit la Seine couler aux abords des palais. Il s’ennuie. On le moque, on le plaint.

Il songe à l’exempt qui lui avait trouvé dans les poches, aux marches du lycée, de cette résine dont on fait des volutes. A quelques frasque, encore, et que ce bureau vaut mieux que le bureau d’un juge. Il ne va plus au lycée, il ne traîne plus les rues. Il travaille au titre d’un dispositif, inventé à l’intention de jeunes gens que la paupérisation menace, et qu’il regarde de trop bas par l’âge et de trop haut par la fortune.

Il défère à la volonté d’une mère qui l’a mis là à point nommé. Elle est plus haut en cour qu’il ne sera jamais loin dans ses rêves de fuite.

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse | le 31 mai, 2013 |Commentaires fermés
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