Archive pour la catégorie 'Chronique compendieuse'

Linge

Le maire de *** s’est effrayé de culottes qui sèchent. D’un arrêté, il les refoule des balcons. Les voilà, toutes chemises et serviettes, vers l’intérieur des logis, où moisisent déjà le soir les jeunes esprits qu’un autre arrêté de sa main a consignés devant la télévision. Tant ce sont choses dégoutantes que linge qui pendouille et morveux par les rues.

J’ai fait mon devoir de maire de ***, dit-il – et dans son regard de tekel luit un éclat de fierté –, en libérant la rue de ces désordres et ces déballages privés.

Sans doute, Mouflard, et vous avez déjà un autre arrêté dans la manche : ces gens ne prennent-ils pas trop d’aise avec l’espace public, ont-ils un titre pour y déambuler ? Une concession dont ils se peuvent prévaloir ? La République vous éclaire de son vieux candélabre : la rue appartient à ceux qui détiennent une fonction publique.

Quelque blessure ancienne qu’il n’aura su panser sur un divan a conformé Mouflard. Une répugnance au dedans qui s’exhibe, la peur de se voir nu dans le négligé des autres, l’angoisse de l’intime, et la terreur de l’empire féminin, cet empire dont la marmaille égaillée et fugueuse étire les frontières et dont le linge frais lavé évoque d’autres chaleurs humides. Une terreur de maigre garçon, mal grandi, qui se défausse des malfaçons du monde dans le giron premier.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 21 mai, 2014 |Commentaires fermés

Esclavage

Que vous importe, Destrule, que Tant’Rita n’ait pas entonné l’hymne ? Sur quoi fondez-vous la croyance que son silence ne valait pas une fausse note, et que les Lares de la république en auront pris ombrage ?

Que vous encolérez-vous, Sinestre, si Philophore sait mieux que vous l’histoire de l’Afrique, s’il dit que les négriers n’y étaient souvent pas moins moricauds que leurs captifs, et qu’il s’y en trouve encore pour exercer aujourd’hui ce commerce ?

Voilà sur le banc droit Grisdemeaux choqué qui prend sa tête entre ses mains ; voilà à gauche un porte-pet qui prend le ciel et les anges à témoin. Il faut à l’un qu’une ministre s’excuse d’être cacophone, à l’autre qu’un député s’engage à ne plus fréquenter Clio.

Je vois seulement que ces deux que la bêtise partisane oppose ne sont pas moins l’un que l’autre, la belle affaire, adversaires de l’esclavage. Et même, je les soupçonne d’ourdir chacun quelque projet pour le bonheur du genre humain.

Grand emprunt

Un Premier ministre qui renonce à sa charge n’est pas spectacle si courant, d’autant moins deux d’un même élan et un troisième qui mesure la précarité de la sienne.

On dira que Loupidor et Palainjé exerçaient une fonction tout autre que celle de Samuelsmall. Mais ils la devaient au titre d’avoir connu la sienne avant lui, et ne l’auraient accceptée qu’en qualité de pairs d’un de ses prédécesseurs, et à rien de moins qu’un autre Premier ministre n’eussent accepté d’en référer.

Après Coquillon et Grossplan, ils eussent prolongé la conduite de ce charoi lourd d’argent où les avait mis l’ancien prince. Las ! On prétend les rattacher au ministère d’Arnould, ce petit vicomte qui n’a même pas Bercy entier pour lui, assez heureux pourtant d’avoir persuadé Batavio de lui laisser la main sur le grand emprunt. Ou c’est Batavio lui-même qui s’est fait un plaisir de signifier par là à Samuelsmall que si fêté qu’il soit, un Premier ministre n’est jamais qu’un ministre parmi d’autres.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse |on 24 avril, 2014 |Commentaires fermés

Obédience

Est-ce d’avoir tant goûté aux mêmes questions sur celui qui le nomme, on entend depuis hier tout Paris demander si Samuelsmall serait socialolib plus que socialdémo, pseudolibdème ou sociomane.

Quelle mouche les pique donc de faire paraître son obédience à ce bon frère Trois Points ?

Et qu’importe ; il n’est sans doute rien de tout ça. 

Il est Rue de Varenne.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 1 avril, 2014 |Commentaires fermés

Éloge de l’opacité

Si les partis « se forment et exercent leur activité librement » ainsi que l’entend notre Constitution, comment leur comptabilité ne serait-elle pas libre ?

C’est pitié de voir Grisdemeaux s’agiter pour persuader la galerie que le sien n’a jamais surpayé les services de ses amis publicitaires. Qui peut dire ce qu’ils valent ? Qui, que ces prestations n’ont pas comblé le client, si ce n’est le client lui-même ?

Dado joue à la balle à merveille, son club le paie pour cette tâche des milles et des cents qui doublent chaque année, la foule se presse pour le voir, se lève quand il marque, laissant les dames en pâmoison ; voilà un client satisfait.  Comme ceux de Gybrude qui s’arrachent le privilège de la cacheter sous les feux des studios pour quinze jours de tournage qui épuiseraient le budget de dix théâtres.

Qu’on nous montre que le mérite d’un athlète de la Réclame est moindre que le leur. Et que le parti qui l’emploie ne devrait pas autant qu’un autre défendre son quant-à-soi, et le libre usage de fonds qu’il ne détient pas à charge de contreparties.

Au lieu de quoi on voit Grisdemeaux, traqué, croire habile de réclamer contre ses concurrents et ses censeurs des gazettes le même tracassin qu’il affronte.

Quand on aura mis à l’affût de chaque comité de parti un commissaire de la transparence diligenté par le Trésor ou par quelque vizir déontologue, dira-t-on encore que les partis sont libres ?

Publié dans:Aile droite, Observations |on 4 mars, 2014 |Commentaires fermés

Convergence

La guerre à l’Est ?

Marsiot ouvre le même robinet à nouvelles qu’ouvre Hilarien. Lui, s’alarmait naguère que des hordes d’inverties en cheveux pussent bientôt assiéger à Moscou le siège du Patriarcat ; l’autre a tremblé la semaine dernière d’apercevoir des fachistes s’agiter dans la foule rassemblée en famille sur la place de Kiev.

Ils approuvent l’un et l’autre l’annexion russe de la Crimée.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Observations |on 3 mars, 2014 |Commentaires fermés

Ad hominem

Samuelsmall, le sycophante devenu premier argousin de l’État, avait depuis sa dénonciation des Romanichels une rudesse à se faire pardonner dans l’auditoire des dames patronnesses. Il en a vu l’occasion en inventant d’interdire les numéros d’un turlupin qui a le mauvais goût de professer de lourdes opinions sur telle autre nation – disons un peu plus lourdes que celles de Samuelsmall sur les Romanichels. 

À une gazette populaire il confie une indignation de bonne contrefacture ; bientôt Grossplan lui-même, dont il ne rêve que de ravir le Premier portefeuille, applaudit son ministre et jure d’empêcher le bateleur de mettre un pied dans sa ville de Nantes ; puis c’est, sur le Vieux-Port, à qui de Visigus et Minutus, le maire uhémepiste et le chef socialeux, gardera mieux la proverbiale tranquillité de Marseille des violences verbales de l’histrion…

S’il le faut, Samuelsmall jure de faire changer la loi ; et une loi ad hominem ne lui répugnerait point, dût-elle ouvrir le chemin à la restauration du contrôle préalable sur le théâtre et les publications, dont les lois de liberté de 1791 et 1881 avaient marqué la fin.

En ces temps où l’avilissement des élus par des amuseurs conditionne les carrières politiques, faudrait-il voir, dans l’acharnement d’un ministre contre un faiseur de pets, le présage d’une vengeance ? Ce serait circonstance atténuante, si les bouffons qui étrillent Samuelsmall et ses pairs aux heures de grande écoute étaient les derniers à applaudir ici à leur fièvre purificatrice, mais il y a beau temps que l’objet de leur hargne est proscrit des plateaux.

Car ces temps sont aussi des temps de proscription, plaisants aux Samuelsmall qui les veulent parfaire. Ce ministre a raison, puisque la liberté a tort, et les électeurs ne peuvent plus dire qu’ils ne savent pas.

Centre municipal

Nécessité fait loi, s’il y a plus d’édiles à gagner d’un côté que de l’autre. Dans nos villes, l’équipage miraculeux de Loubear avec Zébuloo (ils s’aimaient et ne le savaient pas) ira donc son train selon la vieille coutume. À ceux qui avaient contracté quelque alliance à gauche, elle leur sera laissée ; aux autres sera demandé de porter à nouveau la serviette aux amis de Gridemeaux.

Ainsi cette union de raison fondée sur le serment des parties de garder leur liberté propre aura-t-elle pour effet de retirer toute liberté aux candidats de juger de leurs alliances.

Mais c’est le prix, jure-t-on, d’une liste autonome pour siéger à Strasbourg ! On en jugera à l’assiduité des élus.

Tel est le centre, qui a peur de lui-même et de son point extrême, et ne sait s’y tenir. Loubear y a laissé de sa belle insolence et un peu de notre estime.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 7 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

Publicité

« Libération de la parole raciste… » D’où l’Etat tire-t-il cette fable à effrayer les enfants ?

De quelque injure qu’à des enfants ont insufflée des parents abrutis un jour de manifestation ? D’un jeu de mot à la une d’une feuille que personne ne lit, qui se survit depuis trente ans dans la nostalgie d’une armée secrète et de la morne incantation du refus de l’impôt, de faillite frauduleuse en renflouement de margoulin  ?

Ou de la grande nécessité d’accréditer la fable d’une ministre blessée, qui le serait davantage que le parterre doutât de la profondeur de sa blessure, et de faire valoir l’attachement au bien universel d’un gouvernement aux abois ?

Publicité ! Tu tournes la tête des puissants !

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 26 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Gadjo

 

Les propos de Samuelsmall, pleure une feuille du soir et s’éjouit une autre du matin, recueillent l’assentiment d’une large majorité de nos concitoyens ; et voilà un ministre qui règle plus que jamais son pas sur le fanal de Matignon. 

Une demi-sottise en prémisse et le cynisme en conclusion, il aura pourtant courroucé une majorité de l’électorat de Batavio, en ne reconnaissant qu’à une minorité de Romanichels le mérite de vouloir « s’insérer ». Mais il caressait le velours de sa manchette, lorsqu’il défia quiconque de lui montrer le contraire. Nul ne s’y est risqué, ni ne s’y risquera, parmi les chaisières du parti dévot, qui confessent la démocratie universelle, l’indignation en monodose, la vacuité du ciel et les soldes saisonniers, qui mènent grand tapage, invoquent le pacte républicain, et finissent par menacer de ne plus voter qu’au second tour pour Samuelsmall ou Batavio. Ne doutez donc pas que la concertation entre ces deux-là ait eu lieu, tout bénéfice pesé. 

Ni que les gouvernements roumain et bulgare ne se formaliseront que mollement de l’obstacle que Paris oppose à leur insertion dans le premier cercle du Vieux Monde. Le message passé par l’Intérieur épargne la délicatesse du Quai – une charge qu’Estradius n’aura pas à mener.

Oui, l’affaire est certaine, et nous avons autant de science que Samuelsmall pour vous la conter autrement. Si les Romanichels sont autre chose que ceux qui ne sont pas romanichels, qu’ils appellent gadjé et auxquels ils ne marient pas leurs filles, c’est qu’ils forment un peuple, voué à perdurer dans l’être autant que faire se peut et que s’y emploient les autres peuples pour eux-mêmes, quelque usage qu’ils aient de leurs filles. Et que tout fondé qu’il est à décompter les minorités des majorités, tel petit ministre savantasse n’ignore pas non plus que ce peuple se distingue des autres, autant que par ses déambulations, en ceci qu’il est le seul d’Europe à être dépourvu de droits politiques, tant l’Europe ne connaît de peuples que sur un lit de Procuste dont les deux dimensions sont l’Etat et le territoire. 

Ah, ministre matois : « Ces citoyens bulgares et roumains… » Ouais ! Tu sais bien ce disant que tu ne mens qu’à moitié, puisqu’ils ne sont là-bas que demi-citoyens, et pour la raison qu’on a dite qu’ils n’y demandent pas beaucoup plus qu’ici à l’être davantage.

Ce n’est pas vrai, m’a expliqué un jour une vieille au front marqué d’un point qui disait la bonne aventure, ce n’est pas vrai que ce mot de gadjo soit chargé de mépris.

Ne ferait-il pas bien parfois de l’être ?

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse, Observations |on 28 septembre, 2013 |Commentaires fermés
123456...14

Langue de bois |
La Feuille Moissagaise |
Les Jeunes CDH Verviétois |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | palabre
| Services d’intérêt économiq...
| Le Blog-Notes d'Yves Baumul...