Archive pour la catégorie 'Chronique compendieuse'

Pénélotte et Papa

Un journal du banc gauche fait sa une sur les déchirements d’un père et de sa fille ; il s’en délecte, pourquoi pas, la presse est bien libre d’opposer les générations et de convoquer les Atrides.

Seulement il se trompe, quand il présume que la publicité de leur différend nuira à la prospérité de leur entreprise. Ce n’est pas tant que de celle-ci les clients eux aussi se délectent, que de ce que, dedans elle, voilà isolé ce qui la rendait infréquentable aux autres, et que ce n’est plus elle entière qui leur répugnera.

Un père se sacrifie à porter seul le Mistigri, il mérite bien de l’amour de sa fille.

Dans le doute…

Il était donc question d’alléger le fardeau de l’impôt en ôtant au millefeuille des parlements de province et des diètes urbaines une couche de pâte. 

Le nom de l’une en a changé, la taille des circonscriptions en est haussée et le nombre de conseillers réduit. On les va faire élire par binômes de sexes, pour qu’aucune tête ne dépasse, dût la pantalonnade de ce mariage obligatoire au contraire de l’autre exclure les couples de bougres ou bougresses.

Ces dames et messieurs du Parlement par la nouvelle loi auront bien travaillé ; le département vaquera à nouveaux frais à sa lourde tâche : distribuer des places et des charges ; disputer avec la ville et la région le financement d’un kilomètre de pavé ; repeindre le collège jusqu’à la porte du lycée ; interpréter les critères d’octroi du revenu des indigents – pour qu’il s’en trouve autant de lectures en France qu’il y en a chez les préfets sur l’asile des réfugiés –, et étendre cette herméneutique à l’édiction du taux d’impotence des vieillards reclus près de leur poêle et dont nul conseiller jamais ne fait tinter la sonnette de l’huis.

On se plaignait de ce que le populaire se faisait trop rare sous les préaux pour l’office civique, voilà la potion pour l’aiguillonner. 

Et le doute nous prend à en repasser la recette ; décidément, nous aurons ce dimanche quelque autre affaire en route que la carrière de ces gonines et gonins en doublets.

Publié dans:Barons félons, Observations |on 21 mars, 2015 |Pas de commentaires »

Le bel Hélène

Hier boudé, voilà Kokinos reçu. Son triomphe domestique le précède Rue Saint-Honoré, sa réputation est déjà plus d’un dirigeant habile que d’un démagogue qu’on avait feint trois ans de ne pas voir.

Batavio s’y doit bien résoudre : Kokinos a tout pour lui, il est jeune, porte beau, plaît aux dames, effarouche les jocrisses et sait cajôler ses critiques, les malheurs de son peuple l’auréolent de grâce, la rive gauche se l’arrache.

Et ce n’est pas seulement qu’il a plus ébranlé en huit jours que Batavio en trois ans la superbe des pontifes de Bruxelles, des hiérodules de Francfort et des croupiers de Manhattan ; il faut encore qu’il l’emporte sur lui en fermeté par la résolution de sa chemise ouverte, où Batavio ne sait dompter les errements de sa cravate.

Lui en offre-t-on une, il jure de ne la pas nouer que l’Attique ne soit rétablie dans son honneur. Il promène en Europe un beau soleil d’hiver.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 4 février, 2015 |Pas de commentaires »

Invitation

On demande depuis quand les partis ont la haute main sur la république. Il y a défilé dimanche auquel le peuple est assez grand, en plus d’être assez révolté et meurtri, pour s’inviter tout seul, sans que les écuries électorales jouent les marraines au bal des débutantes.

Songeons que les partis qui concourent à l’expression du suffrage ne sont qu’un aspect de la liberté qu’on voudra en marchant défendre tout d’une pièce ; que les gazettes en sont un autre, et ici plus qualifié qu’eux, ce semble ; qu’ils n’ont vocation à n’être ni invitants ni invités, que seuls en ont les citoyens, et qu’ils l’ont d’être l’un et l’autre.

Mais que s’ils ne peuvent réprimer la vanité de se monter le col ils aient garde d’exclure l’un d’eux, inter pares. Si la ligne de la barbarie doit passer parmi eux, on demande où est celle qui oppose la république aux tueurs.

Indignation

Il est possible que les paroles de Brizoub donnent à d’aucuns de l’agacement, possible qu’elles en révoltent d’autres, possible qu’elles soient odieuses, possible que de les entendre soit mortification ; ne disputons pas plus. Mais il est sûr qu’elles satisfont aux attentes des Gudule et des Arnoufle à qui elles font de si seyants motifs d’aboyer.

Publié dans:Aile gauche, Observations |on 27 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Les affligés

Tel est le dernier chic du banc gauche de se faire gloire d’avoir à porter le poids du monde qu’on s’attend à y voir paraître, après l’émouvant cortège des « économistes atterrés » et la troupe pitoyable des « socialistes affligés », quelque chose comme le monôme des instituteurs consternés ou la phalange des féministes accablées, qui tous autant nous serreront le cœur. 

Et que l’on y espère voir assez tôt rejoindre du banc droit, où ne doivent pas manquer, des quadrilles de libéraux abattus et des cohortes de conservateurs anéantis, parmi des escadrons de pharmaciens et de notaires tétanisés.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Observations |on 23 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Amère couleur

 Frator passe dans tout Paris pour raciste. On lui découvre une maîtresse du plus beau jais, et riche, et nantie de gloriole et qui ne lui doit rien ; est-il absout ?

Que non, car ayant essuyé son congé il aurait eu avec elle des mots lourds de son vieux préjugé.

Voilà ses ennemis rassurés ; mais Frator eût-il été plus innocent s’il avait dit à la belle d’emblée : « Mademoiselle, eu égard à votre couleur, j’exclus qu’il y ait quoi que ce soit entre nous » ?

 

Publié dans:Aile droite, Observations |on 24 novembre, 2014 |Pas de commentaires »

Frissons d’émeute

C’est merveille que ce renvoi d’échos du banc gauche au banc droit.

Dimanche nous arrête au marché Senestre, chargée de follicules, qui nous veut faire pétitionner, dit-elle, pour couler dans la loi le caprice de la rue qui révoquera les élus. Pense-t-elle au Prince tout du bon, ou à l’adjoint aux sports de son faubourg, c’est égal.

Et vient mardi, et avec lui le temps des cérémonies de novembre, où ce même prince que toutes les étoiles semblent  conspuer va honorer les morts. Passe un aéronef au-dessus des anciens charniers de la terrible guerre qui tire un calicot appelant à sa démission. Et l’on voit Destrule se lever pour applaudir au mémorial compissé.

Quelle guêpe a piqué du même dard Senestre et Destrule ? Ou c’est quelque belle histoire de jacquerie qu’ils se seront racontée et dont ils se seront crus les héros.

Salle de shoot

Marmitus jure qu’il est sans prévention devant la loi de tolérance de salles d’inoculation pour héroïnomanes, et que son refus doit tout au défaut de preuve qu’elles soient de bon profit à l’hygiène publique. Dame ! La preuve n’en sera-t-elle pas faite seulement, ou écartée, après qu’on les aura essayées ?

Mais ce n’est pas son jugement dont il faut déplorer le plus la précarité ; et qu’il ait garde de se voir traiter en chien.

Car sa collègue Lamorta, rapporteuse de la même loi, s’est tant pénétrée de la foi que ses piquodromes sauveront les malheureux de la rue et la rue des malheureux, qu’elle tient que nul n’en peut rien contester sans se ranger au ban du genre humain.

Ainsi va le débat parlementaire. Un myope prétend qu’il n’y a rien à voir, et une illuminée qu’on ne tolère plus l’ombre.

Remaniement

Que ce remaniement est amusante comédie, qui ne s’en apercevra ?

Mais qui pour remplacer Arnould à l’Economie ? Eh bien ! cherchez la femme.

Car s’il reste à Batavio, dans ces soubresauts, assez de sens politique, il se fera réflexion que ce côté gauche qui l’a porté, et s’en repent, dont il n’est pourtant pas un produit des moins purs, et qui n’a plus rien à faire valoir d’original dans les affaires du marché ou de la fabrique (ni même plus dans les folies des mœurs, depuis le mariage inverti), a pour seul carburant la douce complainte de la position qu’ont ces dames en ville.

Or qui ne voit qu’une personne du Sexe à Bercy, faute pour quiconque de l’oser attaquer, lui vaudrait six mois de paix, autant dire une éternité ?

Ni qu’elle lui donnerait l’aisance, pour déférer à la paritude à laquelle il croit autant qu’à une divinité mongole, mais qu’il s’est si imprudemment engagé à vénérer, de placer au ministère des Préaux (lâché avec une grosse habileté par Monbenêtquelque barbu à blouse grise, dont au moins il est sûr depuis quatre congrès, tant il paraît qu’une jacquerie en  salle des professeurs est la dernière facétie que pourrait affronter sa santé vacillante. 

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 25 août, 2014 |Commentaires fermés
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