Archive pour la catégorie 'Aile gauche'

Invitation

On demande depuis quand les partis ont la haute main sur la république. Il y a défilé dimanche auquel le peuple est assez grand, en plus d’être assez révolté et meurtri, pour s’inviter tout seul, sans que les écuries électorales jouent les marraines au bal des débutantes.

Songeons que les partis qui concourent à l’expression du suffrage ne sont qu’un aspect de la liberté qu’on voudra en marchant défendre tout d’une pièce ; que les gazettes en sont un autre, et ici plus qualifié qu’eux, ce semble ; qu’ils n’ont vocation à n’être ni invitants ni invités, que seuls en ont les citoyens, et qu’ils l’ont d’être l’un et l’autre.

Mais que s’ils ne peuvent réprimer la vanité de se monter le col ils aient garde d’exclure l’un d’eux, inter pares. Si la ligne de la barbarie doit passer parmi eux, on demande où est celle qui oppose la république aux tueurs.

Indignation

Il est possible que les paroles de Brizoub donnent à d’aucuns de l’agacement, possible qu’elles en révoltent d’autres, possible qu’elles soient odieuses, possible que de les entendre soit mortification ; ne disputons pas plus. Mais il est sûr qu’elles satisfont aux attentes des Gudule et des Arnoufle à qui elles font de si seyants motifs d’aboyer.

Publié dans:Aile gauche, Observations |on 27 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Les affligés

Tel est le dernier chic du banc gauche de se faire gloire d’avoir à porter le poids du monde qu’on s’attend à y voir paraître, après l’émouvant cortège des « économistes atterrés » et la troupe pitoyable des « socialistes affligés », quelque chose comme le monôme des instituteurs consternés ou la phalange des féministes accablées, qui tous autant nous serreront le cœur. 

Et que l’on y espère voir assez tôt rejoindre du banc droit, où ne doivent pas manquer, des quadrilles de libéraux abattus et des cohortes de conservateurs anéantis, parmi des escadrons de pharmaciens et de notaires tétanisés.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Observations |on 23 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Frissons d’émeute

C’est merveille que ce renvoi d’échos du banc gauche au banc droit.

Dimanche nous arrête au marché Senestre, chargée de follicules, qui nous veut faire pétitionner, dit-elle, pour couler dans la loi le caprice de la rue qui révoquera les élus. Pense-t-elle au Prince tout du bon, ou à l’adjoint aux sports de son faubourg, c’est égal.

Et vient mardi, et avec lui le temps des cérémonies de novembre, où ce même prince que toutes les étoiles semblent  conspuer va honorer les morts. Passe un aéronef au-dessus des anciens charniers de la terrible guerre qui tire un calicot appelant à sa démission. Et l’on voit Destrule se lever pour applaudir au mémorial compissé.

Quelle guêpe a piqué du même dard Senestre et Destrule ? Ou c’est quelque belle histoire de jacquerie qu’ils se seront racontée et dont ils se seront crus les héros.

Salle de shoot

Marmitus jure qu’il est sans prévention devant la loi de tolérance de salles d’inoculation pour héroïnomanes, et que son refus doit tout au défaut de preuve qu’elles soient de bon profit à l’hygiène publique. Dame ! La preuve n’en sera-t-elle pas faite seulement, ou écartée, après qu’on les aura essayées ?

Mais ce n’est pas son jugement dont il faut déplorer le plus la précarité ; et qu’il ait garde de se voir traiter en chien.

Car sa collègue Lamorta, rapporteuse de la même loi, s’est tant pénétrée de la foi que ses piquodromes sauveront les malheureux de la rue et la rue des malheureux, qu’elle tient que nul n’en peut rien contester sans se ranger au ban du genre humain.

Ainsi va le débat parlementaire. Un myope prétend qu’il n’y a rien à voir, et une illuminée qu’on ne tolère plus l’ombre.

Remaniement

Que ce remaniement est amusante comédie, qui ne s’en apercevra ?

Mais qui pour remplacer Arnould à l’Economie ? Eh bien ! cherchez la femme.

Car s’il reste à Batavio, dans ces soubresauts, assez de sens politique, il se fera réflexion que ce côté gauche qui l’a porté, et s’en repent, dont il n’est pourtant pas un produit des moins purs, et qui n’a plus rien à faire valoir d’original dans les affaires du marché ou de la fabrique (ni même plus dans les folies des mœurs, depuis le mariage inverti), a pour seul carburant la douce complainte de la position qu’ont ces dames en ville.

Or qui ne voit qu’une personne du Sexe à Bercy, faute pour quiconque de l’oser attaquer, lui vaudrait six mois de paix, autant dire une éternité ?

Ni qu’elle lui donnerait l’aisance, pour déférer à la paritude à laquelle il croit autant qu’à une divinité mongole, mais qu’il s’est si imprudemment engagé à vénérer, de placer au ministère des Préaux (lâché avec une grosse habileté par Monbenêtquelque barbu à blouse grise, dont au moins il est sûr depuis quatre congrès, tant il paraît qu’une jacquerie en  salle des professeurs est la dernière facétie que pourrait affronter sa santé vacillante. 

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 25 août, 2014 |Commentaires fermés

Esclavage

Que vous importe, Destrule, que Tant’Rita n’ait pas entonné l’hymne ? Sur quoi fondez-vous la croyance que son silence ne valait pas une fausse note, et que les Lares de la république en auront pris ombrage ?

Que vous encolérez-vous, Sinestre, si Philophore sait mieux que vous l’histoire de l’Afrique, s’il dit que les négriers n’y étaient souvent pas moins moricauds que leurs captifs, et qu’il s’y en trouve encore pour exercer aujourd’hui ce commerce ?

Voilà sur le banc droit Grisdemeaux choqué qui prend sa tête entre ses mains ; voilà à gauche un porte-pet qui prend le ciel et les anges à témoin. Il faut à l’un qu’une ministre s’excuse d’être cacophone, à l’autre qu’un député s’engage à ne plus fréquenter Clio.

Je vois seulement que ces deux que la bêtise partisane oppose ne sont pas moins l’un que l’autre, la belle affaire, adversaires de l’esclavage. Et même, je les soupçonne d’ourdir chacun quelque projet pour le bonheur du genre humain.

Grand emprunt

Un Premier ministre qui renonce à sa charge n’est pas spectacle si courant, d’autant moins deux d’un même élan et un troisième qui mesure la précarité de la sienne.

On dira que Loupidor et Palainjé exerçaient une fonction tout autre que celle de Samuelsmall. Mais ils la devaient au titre d’avoir connu la sienne avant lui, et ne l’auraient accceptée qu’en qualité de pairs d’un de ses prédécesseurs, et à rien de moins qu’un autre Premier ministre n’eussent accepté d’en référer.

Après Coquillon et Grossplan, ils eussent prolongé la conduite de ce charoi lourd d’argent où les avait mis l’ancien prince. Las ! On prétend les rattacher au ministère d’Arnould, ce petit vicomte qui n’a même pas Bercy entier pour lui, assez heureux pourtant d’avoir persuadé Batavio de lui laisser la main sur le grand emprunt. Ou c’est Batavio lui-même qui s’est fait un plaisir de signifier par là à Samuelsmall que si fêté qu’il soit, un Premier ministre n’est jamais qu’un ministre parmi d’autres.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse |on 24 avril, 2014 |Commentaires fermés

Obédience

Est-ce d’avoir tant goûté aux mêmes questions sur celui qui le nomme, on entend depuis hier tout Paris demander si Samuelsmall serait socialolib plus que socialdémo, pseudolibdème ou sociomane.

Quelle mouche les pique donc de faire paraître son obédience à ce bon frère Trois Points ?

Et qu’importe ; il n’est sans doute rien de tout ça. 

Il est Rue de Varenne.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 1 avril, 2014 |Commentaires fermés

Convergence

La guerre à l’Est ?

Marsiot ouvre le même robinet à nouvelles qu’ouvre Hilarien. Lui, s’alarmait naguère que des hordes d’inverties en cheveux pussent bientôt assiéger à Moscou le siège du Patriarcat ; l’autre a tremblé la semaine dernière d’apercevoir des fachistes s’agiter dans la foule rassemblée en famille sur la place de Kiev.

Ils approuvent l’un et l’autre l’annexion russe de la Crimée.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Observations |on 3 mars, 2014 |Commentaires fermés
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