Archive pour la catégorie 'Aile gauche'

Pas de clerc

Curieux candidat que celui qui excite ses satellites à répandre partout qu’il l’est, et répand partout les obstacles à l’être, comme par ces quatre vérités exfiltrées dans les gazettes, dont l’hermine se fâche.

On l’aura vu ce jour aller chez les cols bleus défendre son bilan, non sans courage tant ils ont motif, sinon raison, à le lui contester pour ce qui les concerne, mais quoi ! un qui tirerait sa révérence ne le voudrait-il pas faire aussi avec l’éclat de la tâche accomplie ?

Il le devrait, et l’on voudrait se caresser de la pensée que Batavio serait le premier grand à résister à la tentation de se croire indispensable, mais c’est là passion qui ne nécessite même pas qu’on soit grand.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 17 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

#Théoriedugenre

C’est grosse ruse qu’alléguer l’inexistence d’une chose pour la garder des soupçons qu’elle s’attire. 

Fussiez-vous pape (a fortiori si moins que pape : simple bourgeois, édile ou parent d’escholier) à jurer l’avoir vue, un choeur outragé de témoins du néant, tous grand-croix de la Gazette ou gidouilles des Universités, vous renverrez au vôtre en vous jetant à la face qu’il n’y a rien, non, décidément rien, où vous avez vu quelque chose, et qu’on voit seulement que vous y cherchiez des histoires. 

Disons-le, car c’est vrai : nous cherchons des histoires, car ce rien nous fait quelque chose.

Remaniement

C’était hier, et la nouvelle aura été promptement effacée par le coup de balai qu’a donné aujourd’hui Batavio dedans sa cour : l’eussiez-vous cru, Lambuche est candidat à sa prochaine figuration à l’élection suprême.

Dites-moi donc qu’il n’y a pas tant de jours dans l’année que ces entrechoquements ne se puissent produire, je vous dis, moi, que vous avez le nez trop court, et que ces deux-là se sont parlé comme devant. Qu’il était trop précieux au premier de convaincre le second d’occuper à gauche la bordure, tandis que lui retapisserait le mou du ventre. Et qu’enfin il faudra qu’il n’y ait rien de ce côté qui gêne, rien donc que lui et lui.

Et ne dites pas davantage que notre prince à la cravate traversière aurait trop répugné à soulever son téléphone à cause de mauvaises paroles prononcées il y a quatre ou cinq ans. Rappelez-vous qu’avec Gambaze, qui tient de cornaquer le troupeau socialeux d’avoir ses petites entrées au Palais, Lambuche a plus que des affinités : il a des souvenirs. Et l’âge venant, quelle chose nous pourrait plus attendrir ?

 

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 12 février, 2016 |Commentaires fermés

Vivre-ensemble (le)

À y bien regarder, la peste soit de ce trait d’union-là. Tous ces événements de l’an passé n’ont pas du peuple épuisé le courage, mais le zèle de la cour tant que des parlements et des gazettes, des paroisses et des ligues, à en célébrer le souvenir aura tôt fait d’écœurer les plus dociles.

Encore que l’on se fût, dans les billets et sous les préaux, si abondamment adonné qu’on l’a fait pour verser le même jus tiède, à réunir les motifs qu’il y a dans les nations de ne pas s’entretuer ! Qu’on eût rappelé par le détour de cent tableaux, d’autant de fables et de mille apologues, combien l’aménité est préférable à la rudesse, la bienveillance à la raillerie et la politesse à la morgue, la prévenance à la désinvolture, le tact à la grossièreté, l’attention à l’imbécillité et la persuasion à la violence…

Mais qui parle de cela ? Il ne faut plus passer que par le vivre-ensemble, qui nous met la nausée à la gorge, et qu’on dégorge tout de bon quand il est pour surcroît citoyen.

Demande d’asile (@Elysee )

Nous ne vous reprocherons pas, Monsieur le Président, de visiter M. Biya, M. Santos, ou tout autre satrape que vous voudrez et que la diplomatie commande de voir, mais nous ne nous défâcherons pas de votre rejet de la demande d’asile de M. Assange, parce qu’elle entache l’honneur de notre pays.

Ah ! Et ne nous dites pas qu’il ne peut y prétendre n’étant que poursuivi par la justice de démocraties exemplaires, alors que sont notoires les méthodes sinon tant les services qui l’ont attiré dans le piège où vous le repoussez. Nous avons soupé déjà de ces lâches défausses.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 3 juillet, 2015 |Pas de commentaires »

Loi scélérate

« N’est-ce pas aujourd’hui que ces Messieurs du Parlement vont donner aux gens d’armes pouvoir de surveiller les mots et les gestes de tout un chacun et son for intérieur ?
– Ah ! Vous vous inquiéteriez de cette forfaiture ? Seriez-vous de ceux qui ont tout à cacher ?
– Dame ! Les endroits écartés où d’être homme d’honneur… Et je n’y classe point, pour ma part, les parvis où s’agitent les sergents recruteurs de la guerre sainte.
– Croyiez-vous donc que le mahométisme occupera seul les mouches de la police ? Baderne ! Défiez-vous autant des sites libertins où vous pourrait conduire une humeur trop badine…
– Monsieur !
– Tout doux ! Foin de façons…
– Soit. Eh bien, ces connexions légères, la même loi scélérate les voudrait-elle pendables ?
– Nenni, cette loi point, mais celle que les mêmes parlementaires ont adoptée le douze du mois. Ne met-elle point à l’amende les pratiques du demi-monde, si que derrière chaque annonce qui sent sa gaudriole la maréchaussée devinera à sa convenance le bidet et le rideau rouge, le souk aux hétaïres et les mocassins bicolores ? Et qu’il n’est pas besoin que la transaction soit consommée pour que soit constitué le contrevenant de cinquième classe ?
– Mordiou ! Vous m’effrayez. Ne ferions-nous pas mieux de nous faire mahométans ? »

Mise à mort

On faisait grief à Johantur, qui fut syndic en la ville de Martin, n’y fit guère plus fortune et s’évita d’être jamais ministre, d’un trafic de sacrements civils. 

Qu’était-ce là de si lourd, qui ne pèse pas le quart de ce dont se relevèrent des Palainjé, des Ricorvet et des Gambaze ?

Il s’est vidé dedans la bouche le fût de sa canardière, et l’on le portera demain en terre. 

Le petit matin blème d’un ministre calomnié au temps d’un vieux prince sourd de la mémoire pour éclairer les oraisons. Et l’on ne songe pas aux ressources où puisa naguère Estradius, pour rétablir sa réputation et survivre trente ans au ragot d’avoir comploté à empoisonner des malades.

Contre l’outrage, lui et d’autres brandirent avec succès la foi de l’innocence ; d’autres ne daignent pas honorer leurs accusateurs d’un regard.

C’est qu’il avait à se reprocher, entend-on, s’il se tue ! 

Il faut à la foule vengeresse des raisons simples, qui la justifient de sa soif de meurtres.

Le bel Hélène

Hier boudé, voilà Kokinos reçu. Son triomphe domestique le précède Rue Saint-Honoré, sa réputation est déjà plus d’un dirigeant habile que d’un démagogue qu’on avait feint trois ans de ne pas voir.

Batavio s’y doit bien résoudre : Kokinos a tout pour lui, il est jeune, porte beau, plaît aux dames, effarouche les jocrisses et sait cajôler ses critiques, les malheurs de son peuple l’auréolent de grâce, la rive gauche se l’arrache.

Et ce n’est pas seulement qu’il a plus ébranlé en huit jours que Batavio en trois ans la superbe des pontifes de Bruxelles, des hiérodules de Francfort et des croupiers de Manhattan ; il faut encore qu’il l’emporte sur lui en fermeté par la résolution de sa chemise ouverte, où Batavio ne sait dompter les errements de sa cravate.

Lui en offre-t-on une, il jure de ne la pas nouer que l’Attique ne soit rétablie dans son honneur. Il promène en Europe un beau soleil d’hiver.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 4 février, 2015 |Pas de commentaires »

Invitation

On demande depuis quand les partis ont la haute main sur la république. Il y a défilé dimanche auquel le peuple est assez grand, en plus d’être assez révolté et meurtri, pour s’inviter tout seul, sans que les écuries électorales jouent les marraines au bal des débutantes.

Songeons que les partis qui concourent à l’expression du suffrage ne sont qu’un aspect de la liberté qu’on voudra en marchant défendre tout d’une pièce ; que les gazettes en sont un autre, et ici plus qualifié qu’eux, ce semble ; qu’ils n’ont vocation à n’être ni invitants ni invités, que seuls en ont les citoyens, et qu’ils l’ont d’être l’un et l’autre.

Mais que s’ils ne peuvent réprimer la vanité de se monter le col ils aient garde d’exclure l’un d’eux, inter pares. Si la ligne de la barbarie doit passer parmi eux, on demande où est celle qui oppose la république aux tueurs.

Indignation

Il est possible que les paroles de Brizoub donnent à d’aucuns de l’agacement, possible qu’elles en révoltent d’autres, possible qu’elles soient odieuses, possible que de les entendre soit mortification ; ne disputons pas plus. Mais il est sûr qu’elles satisfont aux attentes des Gudule et des Arnoufle à qui elles font de si seyants motifs d’aboyer.

Publié dans:Aile gauche, Observations |on 27 décembre, 2014 |Pas de commentaires »
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