Archive pour la catégorie 'Aile droite'

Dix façons de parler

La langue maternelle ne les aide pas avec le même efficace, ou tous ne la servent pas bien.

Bien excusable est Grojylen, qui de la sienne ne peut user et du françois n’entend surtout que le tarabiscot du palais. La cause de la vertu durable en souffre, la répartie lui manque, on lui prête un esprit d’escalier.

Or elle ne parle pas plus mal que Boudrillon, qui passe pour grand orateur avec un solécisme par deux lignes. Non plus que Batavio, si soucieux d’être correct qu’il menace d’achopper toujours sur l’un de ses mots énucléés.

Le lapsus menace moins Loubear : c’est qu’ancien bègue, il s’est plus frotté à la langue d’un amour vrai, mais voilà que le silence l’aspire, s’il n’aspire au silence.

Sur un plateau, le gentil Toupou est le premier surpris de charmer l’auditoire. Une bonne peur l’y pousse : ni compères, ni commère, ni parti pour lui rien dicter, il est seul, il est libre. Et la pauvre Lorettte, qui veut plus tard dire la même chose que lui, fait au public l’effet d’une harangère.

On se distrait de l’érudition de Largentin. On le veut fou, il n’est que poli, parle de tout avec aisance, on lui reprocherait de n’être pas sot. Il prononce sur la finance, la physique, les planètes et le chant choral, sans mélanger les modes ni les temps, il faut bien qu’il soit fou, d’ailleurs il ne passe pas la rampe.

Il ne suffit pas non plus à Martin d’Ahan d’avoir mis la grammaire à son programme pour soulever les salles, et sa période se fait hésitante dans le lyrisme tentateur où il n’ose singer jusqu’au phrasé ternaire du Général.

Pénélotte, qui ne lui cède en rien par le goût des classiques, a plus d’art oratoire, un modulé qui sauve la raucité du timbre. Elle ne dépare pas dans la lice où fait la roue Lambuche, gonflé comme Artaban du don que ses ennemis et ses pires amis lui reconnaissent.

Qu’il se garde pourtant de trop réciter le missel d’un culte sans foi. Le style ne fait l’homme que pour l’homme d’avoir quelque chose de vrai à lui emprunter.

Histoire de bains

Que l’âge ou le physique justifiassent que des baigneuses aient le souci de se soustraire au regard des hommes, voilà bien une idée dont Loubear eût juré de l’innocence.

Las ! Devant le parterre de précieuses où il s’était aventuré, son mot ne fut pas prononcé qu’il devint une affaire, et la presse dévote l’accable pour une faute dont la nature n’a paru tout entière à personne.

Au fond de lui, il voudrait rire de cette présomption que le Sexe nourrit de se croire toujours observé, mais il sent trop que le moment n’est pas à faire de l’esprit.

Il est en campagne, au fait, sa troisième, qui s’envase plus qu’elle ne prend les eaux. La risée du gynécée l’aura enfoncée davantage. Il n’y croit plus depuis beau temps.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 7 avril, 2012 |Commentaires fermés

Tics

En liminaire, une saccade plisse une joue, une épaule saute, la bouche s’arrondit sur un silence, une main s’agite et oublie l’autre…  De ses tics, on ne sait trop s’il faut le louer d’avoir tant de fois vaincu sur l’estrade en dépit d’eux, ou s’il leur doit davantage qu’il n’aurait de motif à les incriminer.

Mais l’y voilà. La période est lancée, sophisme calibré, vil amalgame ou drame habile, citation tronquée, nombre truqué.

Lorsqu’il ment, le débit s’accélère. Le Boudrillon maîtrise peu sa vitesse. Comme s’il semblait qu’il crût que tout art de parler tient à l’allure que l’orateur, naute pressé, imprime à l’enchaînement entre deux périodes, et qu’un coup de rame plus vif dans l’épais du cloaque vers une rive claire lavera son esquif de la salissure.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 25 mars, 2012 |Commentaires fermés

Mam’zelle ta race !

C’étaient là des mots par trop répugnants, il urgeait de les bannir.

Par les soins sourcilleux de Coquillon, l’administration donnera de la dame aux collégiennes, et du souci oigneux de Batavio, la république sera soulagée d’une distinction à blâmer.

Les faibles devant les choses font aux mots des offenses de mirliflores.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse |on 11 mars, 2012 |Commentaires fermés

2012 (suite)

Le voici, qui s’essaie depuis dix jours à de nouveaux visages. Le Boudrillon y est donc allé. Quelle truquerie lui fit-elle croire au regain de sa popularité, il y en aura sans doute plus d’une. Or voici la première.

Il a suscité quelques dissidents pour s’en faire des ralliés. D’abord Christère, qui eut la foi de ne rien jurer, puis Romarin, qui espérait surtout qu’on se souvînt qu’il avait tenu un portefeuille, enfin Kourvanous, qui voulait aérer son fusil. Les voilà rentrés à la mangeoire, et leur maître de gagner deux points.

Pas plus qu’il y a cinq ans les suivants ne se devraient payer de ces numéros de farce.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 24 février, 2012 |Commentaires fermés

Aperçu des filles et des garçons

On a vu s’affronter Lambuche et Pénélotte, l’un qui cherchait l’autre, et l’autre qui fuyait. Avait-il raison de la traquer ? Esquiver la servait-il mieux ? On en débattra.

Il l’attaque en lui jetant une cause des femmes à la figure. Elle le traite en porte-coton de plus puissant que lui. Il insiste. Elle classe des papiers.

Elle évite son regard, interpelle leur hôte, elle voudrait être ailleurs. Lui est trop là, il crève l’écran, il abuse, il écœure.

Voilà à gauche un chef de meute, à droite une femme apeurée.

Les féministes voteront Lambuche.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche |on 24 février, 2012 |Commentaires fermés

Civilisations

Toutes les civilisations ne se valent pas, redit avec superbe Gauleitand, qui les connaît fort toutes.

L’opposition s’indigne, mais le plus notable est-il qu’il l’ait dit, qu’il y croie, ou que ce disant il ait cru avoir dit quelque chose ?

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 5 février, 2012 |Commentaires fermés

Négation

Si d’encourager le Turc à ne jamais considérer pour ce qu’ils furent les massacres de masse de ses chrétiens d’Orient, à l’orée de sa République, si tel est en effet le but que s’est assigné Boyère, nul doute qu’un grand succès ne réponde durablement à sa loi de censure.

Quant au reste, Palainjé ne s’y trompe pas et n’en décolère non plus ; voilà bientôt ruinée sa diplomatie au Levant, qu’il tâchait de marier à celle de la Porte. Que Damas brûle ! A réduire l’incendie nous ne serons pas conviés.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 21 décembre, 2011 |Commentaires fermés

Epuration sexuelle

Moi, disait Plouquinuche, je souhaiterais d’être grande, mince et pleine d’esprit, or je suis laide, grosse et stupide. J’en suis frustrée, c’est ainsi. Il est bien juste que les autres soient frustrés aussi.

Elle s’est adjoint depuis un vieux pion de bahut du parti droit, pour faire voter au Parlement une « résolution » sur la prohibition des amours tarifées.

Gratitude

Le Boudrillon reçoit en pompe le Boucher des Grands Lacs, dont il ne finit pas de vouloir se faire aimer. Tout l’art de Palainjé, appelé au secours cet hiver pour le tirer du ridicule où l’avait plongé Mariotte auprès des Maures, lui éviterait quelque impair.

Or  les deux princes se toucheront la bouche en cachette du ministre.

Assez prévenu contre la duplicité des hommes et le croc des mambas, Palainjé se consolera de n’avoir pas à honorer un visiteur qui depuis des lustres le charge du poids de ses crimes. Jurera-t-on qu’il en gratifiera celui qu’il avait sauvé ?

Il fallait changer le ministre, ou laisser dehors le satrape.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 12 septembre, 2011 |Pas de commentaires »
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