Archive pour la catégorie 'Aile droite'

Grand emprunt

Un Premier ministre qui renonce à sa charge n’est pas spectacle si courant, d’autant moins deux d’un même élan et un troisième qui mesure la précarité de la sienne.

On dira que Loupidor et Palainjé exerçaient une fonction tout autre que celle de Samuelsmall. Mais ils la devaient au titre d’avoir connu la sienne avant lui, et ne l’auraient accceptée qu’en qualité de pairs d’un de ses prédécesseurs, et à rien de moins qu’un autre Premier ministre n’eussent accepté d’en référer.

Après Coquillon et Grossplan, ils eussent prolongé la conduite de ce charoi lourd d’argent où les avait mis l’ancien prince. Las ! On prétend les rattacher au ministère d’Arnould, ce petit vicomte qui n’a même pas Bercy entier pour lui, assez heureux pourtant d’avoir persuadé Batavio de lui laisser la main sur le grand emprunt. Ou c’est Batavio lui-même qui s’est fait un plaisir de signifier par là à Samuelsmall que si fêté qu’il soit, un Premier ministre n’est jamais qu’un ministre parmi d’autres.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse |on 24 avril, 2014 |Commentaires fermés

Éloge de l’opacité

Si les partis « se forment et exercent leur activité librement » ainsi que l’entend notre Constitution, comment leur comptabilité ne serait-elle pas libre ?

C’est pitié de voir Grisdemeaux s’agiter pour persuader la galerie que le sien n’a jamais surpayé les services de ses amis publicitaires. Qui peut dire ce qu’ils valent ? Qui, que ces prestations n’ont pas comblé le client, si ce n’est le client lui-même ?

Dado joue à la balle à merveille, son club le paie pour cette tâche des milles et des cents qui doublent chaque année, la foule se presse pour le voir, se lève quand il marque, laissant les dames en pâmoison ; voilà un client satisfait.  Comme ceux de Gybrude qui s’arrachent le privilège de la cacheter sous les feux des studios pour quinze jours de tournage qui épuiseraient le budget de dix théâtres.

Qu’on nous montre que le mérite d’un athlète de la Réclame est moindre que le leur. Et que le parti qui l’emploie ne devrait pas autant qu’un autre défendre son quant-à-soi, et le libre usage de fonds qu’il ne détient pas à charge de contreparties.

Au lieu de quoi on voit Grisdemeaux, traqué, croire habile de réclamer contre ses concurrents et ses censeurs des gazettes le même tracassin qu’il affronte.

Quand on aura mis à l’affût de chaque comité de parti un commissaire de la transparence diligenté par le Trésor ou par quelque vizir déontologue, dira-t-on encore que les partis sont libres ?

Publié dans:Aile droite, Observations |on 4 mars, 2014 |Commentaires fermés

Convergence

La guerre à l’Est ?

Marsiot ouvre le même robinet à nouvelles qu’ouvre Hilarien. Lui, s’alarmait naguère que des hordes d’inverties en cheveux pussent bientôt assiéger à Moscou le siège du Patriarcat ; l’autre a tremblé la semaine dernière d’apercevoir des fachistes s’agiter dans la foule rassemblée en famille sur la place de Kiev.

Ils approuvent l’un et l’autre l’annexion russe de la Crimée.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Observations |on 3 mars, 2014 |Commentaires fermés

Ad hominem

Samuelsmall, le sycophante devenu premier argousin de l’État, avait depuis sa dénonciation des Romanichels une rudesse à se faire pardonner dans l’auditoire des dames patronnesses. Il en a vu l’occasion en inventant d’interdire les numéros d’un turlupin qui a le mauvais goût de professer de lourdes opinions sur telle autre nation – disons un peu plus lourdes que celles de Samuelsmall sur les Romanichels. 

À une gazette populaire il confie une indignation de bonne contrefacture ; bientôt Grossplan lui-même, dont il ne rêve que de ravir le Premier portefeuille, applaudit son ministre et jure d’empêcher le bateleur de mettre un pied dans sa ville de Nantes ; puis c’est, sur le Vieux-Port, à qui de Visigus et Minutus, le maire uhémepiste et le chef socialeux, gardera mieux la proverbiale tranquillité de Marseille des violences verbales de l’histrion…

S’il le faut, Samuelsmall jure de faire changer la loi ; et une loi ad hominem ne lui répugnerait point, dût-elle ouvrir le chemin à la restauration du contrôle préalable sur le théâtre et les publications, dont les lois de liberté de 1791 et 1881 avaient marqué la fin.

En ces temps où l’avilissement des élus par des amuseurs conditionne les carrières politiques, faudrait-il voir, dans l’acharnement d’un ministre contre un faiseur de pets, le présage d’une vengeance ? Ce serait circonstance atténuante, si les bouffons qui étrillent Samuelsmall et ses pairs aux heures de grande écoute étaient les derniers à applaudir ici à leur fièvre purificatrice, mais il y a beau temps que l’objet de leur hargne est proscrit des plateaux.

Car ces temps sont aussi des temps de proscription, plaisants aux Samuelsmall qui les veulent parfaire. Ce ministre a raison, puisque la liberté a tort, et les électeurs ne peuvent plus dire qu’ils ne savent pas.

Centre municipal

Nécessité fait loi, s’il y a plus d’édiles à gagner d’un côté que de l’autre. Dans nos villes, l’équipage miraculeux de Loubear avec Zébuloo (ils s’aimaient et ne le savaient pas) ira donc son train selon la vieille coutume. À ceux qui avaient contracté quelque alliance à gauche, elle leur sera laissée ; aux autres sera demandé de porter à nouveau la serviette aux amis de Gridemeaux.

Ainsi cette union de raison fondée sur le serment des parties de garder leur liberté propre aura-t-elle pour effet de retirer toute liberté aux candidats de juger de leurs alliances.

Mais c’est le prix, jure-t-on, d’une liste autonome pour siéger à Strasbourg ! On en jugera à l’assiduité des élus.

Tel est le centre, qui a peur de lui-même et de son point extrême, et ne sait s’y tenir. Loubear y a laissé de sa belle insolence et un peu de notre estime.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 7 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

Question sous le Front

Qui sommes-nous ? répète-t-elle devant une claque incertaine, et à chaque couplet la réponse se perd en métaphores et en rumeur, et la question demeure, inentamée.

Pénélotte se le demande : qui est-elle ?

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse, Observations |on 1 mai, 2013 |Commentaires fermés

Faiblesse de médecin et legs de ministre

On nous parle de son mensonge et de la moralisation qui s’impose aux mœurs de la cour, bravo, je l’entends, et les caisses de l’Etat excitent notre compassion.

Mais Arpagnac n’a-t-il point en partage l’art de Galien ; qui songe aux effets qu’y aura laissés sa vénalité ? Cuisants ou nuls, qui le sait ?

Et combien sont les anciens et les futurs ministres, dignitaires missionnés, titulaires de charges honorifiques, plénipotentiaires de hautes autorités et de fondations d’utilité publique que la fabrique apothicaire, autant que d’Arpagnac, a jugé expédient de stipendier ? Quelles enquêtes pipées auront été diligentées à grand tapage, combien de menteries accréditées, de philtres incertains, de spécifiques dévoyés, de viles décoctions vendues au prix de charmes ?

Naguère un droguiste du Nouveau Monde conquerrait le Vieux en jurant d’avoir réuni les atomes qui vainquent la mélancolie ; Paris s’en fit une mode et n’en point voulut démordre lorsqu’il se susurra que la dragée inclinait au suicide. Il fit école. D’autres découvrirent que l’herbe à Nicot portait ombrage à leurs potions pour soutenir l’âme, qu’ils voulaient voir gober par la terre entière, ils financèrent à grands frais l’invention du tabagisme apathique et firent crouler sous les strychnines les rayons d’officines ; d’autres encore virent dans une cure du diabète un artifice propre à délarder les fesses des baigneuses, dont certaines bel et bien sont mortes ; il suffit de franchir le Rhin ou de passer le Mont-Cenis pour ne plus trouver un esculape en caprice de prescrire contre le souffle au cœur de cette pilule dont s’entichent depuis quarante ans nos rusés cardiologues…

On raconte qu’Arpagnac comptait tant d’argent noir qu’il implantait de cheveux jais. Montaigne l’eût moins blâmé de cette chirurgie de bal que s’il eût soigné le nervosisme avec des sucs d’aspic. D’autres que lui dans les palais, nantis ou non de cassettes sous les palmiers, se font les dupes complaisantes de Fleurants et de Léandres.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse |on 18 avril, 2013 |Commentaires fermés

Abus de faiblesse

Crésidèle a cent ans depuis des années, des héritiers qui regardent leur montre, une fortune qu’on admire jusqu’en Chine, la fait ici haïr du peuple, et dans la société rechercher par plus d’amis qu’elle n’a loisir d’en recevoir. Il en vient de Province, il en vient de Paris – si de Passy plus que de Saint-Antoine – qui la flattent, la cajolent, louent son esprit et sa sagacité, enfin lui suggèrent des placements dont ils jurent de doubler la rente en trois jours.

D’autres encore la distraient de sa succession par l’entretien des affaires de la république, des efforts du grand intendant pour contenir l’impôt, et du prix dont cela se paie au Parlement : qui croit que Florius se pourra maintenir s’il n’emporte une mairie ? Qu’adviendra-t-il, sans un département, de l’influence de Latrique ? Ne faut-il pas achever de convaincre le parti de pousser Gubermacht à la Région ?

Ces débours mesurés honorent la puissance de Crésidèle et font aux passants de son salon de précieux viatiques, dont jamais nul ne s’était inquiété qu’on les lui pût avoir extorqués, avant que les ennemis du Boudrillon ne s’emparassent d’une visite qu’il lui avait faite. Détestée pour ce qu’elle était riche, il ne fallut plus long pour que Crésidèle devînt la victime candide de sombres manigances. Le privilège du sexe, avec celui de l’âge, attesta l’innocence abusée.

Car ce n’est pas tant la négligence des lois sur la sincérité des comptes de campagnes qu’un genre d’odieux attentat qui est reproché à l’ancien prince, au temps où il aspirait encore à devenir le nouveau. Se le figure-t-on retournant le matelas de la vieille héritière, élargissant les mailles de son réticule pour y chercher un porte-feuille, distrayant son attention d’une grimace pour tirer sa cassette d’un tiroir, lui chatouillant le pied jusqu’à lui faire signer une lettre de change ?

Il est demandé de le croire. L’opinion trépigne, des chefs s’excitent, le barreau branle, l’hermine se hérisse, et Crésidèle se gausse. C’est sagesse de mépriser l’argent dont on manque, mais sottise de tenir ceux qui en sont pourvus pour des bêtes sur leurs intérêts, seulement parce qu’ils auront montré au public un visage pitoyable.  

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse, Observations |on 28 mars, 2013 |Commentaires fermés

Jurisprudence

Vous accuse-t-on, que le coup ait fondement ou que l’inspire la jalousie, qu’il soit sagace ou calomnieux, il vous faut vous démettre de tout pour vaquer à votre défense. L’innocence présumée se trouve bien à son avantage, de proclamer qu’elle a besoin de trimer à plein temps pour s’établir. 

C’est, entend-on, qu’il y a depuis vingt ans dans les gouvernements une règle officieuse qui exige qu’on se démette. 

On demande ce que gagne la république à jeter nu, devant un juge peut-être affilié, et devant l’opinion toujours hagarde, un homme dont on ne s’est pas même encore déshabitué à louer la valeur.

Ce n’est pas au gazetier qui a fait tomber d’Arpagnac, tout fier d’une enquête plus redevable à la délation qu’à ses talents, qu’il le faut pourtant objecter ; celui-là n’a fait que pousser son petit bonhomme d’ouvrage. 

C’est au prince faible devant l’opinion, qu’absout mal la faiblesse de ses prédécesseurs, qu’on demande à quoi rime cette coutume qui voudrait qu’un gouvernement ne parût jamais réunir que d’impeccables paroissiens, et qu’il pût y avoir nulle part de ces gens qui sont au-dessus de tout soupçon.

Car nous voyons partout que le soupçon est l’ordinaire dont il faut que s’accommodent tant les ministres que ces messieurs du Parlement. On peut le déplorer, y voir un prix trop haut à la liberté des gazettes ; on peut dire ce qu’on veut ; mais si chacun est soupçonnable, d’avance soupçonné, on ne peut dire qu’il vaut soudain moins qu’un autre du seul fait qu’on l’attaque.

N’appelons pas « jurisprudence » l’imitation étourdie de Premiers ministres passés qui ont manqué de jugement. 

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse, Observations |on 21 mars, 2013 |Commentaires fermés

Imprécateur au crépuscule

Depuis vingt ans, Anthelme le va répétant, les idéologies sont mortes, mais il en flaire partout des composants dont la mixtion nous promet quelque mal incurable, qu’il dénonce et ne sait plus nommer.

Hier l’Italie s’entiche d’un sévère buffone, il chausse de graves lunettes, s’invite sur les plateaux avec un manuel d’histoire, jure que les extrêmes droite et gauche mélangées font la pire potion, évoque les années terribles.

Trépasse huit jours après un carillonnant caudillo, Anthelme encore agite sa chronique : ce n’était qu’un autre bufón, un tyran trop élu, qui flattait le peuple et cherchait trop la compagnie des ennemis de ceux qui avaient juré sa perte, un peu de ci, mais un peu de cela ; il restait encore à sa mort à en dénoncer les dupes.

Anthelme est bon oracle, et la quinzaine a été faste. Que sera la prochaine ? Il rentre chez lui, allume le poste, caresse la reliure des livres de Revel. L’ennemi lui manque, il veut se battre, il est vieux.

Publié dans:Aile droite, Observations |on 10 mars, 2013 |Pas de commentaires »
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