Archive pour la catégorie 'Aile droite'

Tolérance zéro

La fable des cinq cents millions que le saut de portillon coûterait aux transports publics sert depuis trois mois d’antienne à Pécrassine, dans la course à l’élection régionale. Obliger l’usager de la malle urbaine à se munir des preuves de son état-civil ?

Grobertru, Hystrézi et quelques autres ennemis de la liberté qui siègent sur le banc droit se sont offerts à porter l’idée avec elle, et le banc gauche la fera sienne demain, en jurant qu’il lui en substitue une autre.

Or pourquoi ne pas exiger en plus du suspect un acte complet de moins de trois mois, la preuve de la religion de ses pères ou un certificat d’aryanité ?

Pécrassine au moins échappera à ces obligations ; elle aura après la campagne une voiture de fonction.

Loi scélérate

« N’est-ce pas aujourd’hui que ces Messieurs du Parlement vont donner aux gens d’armes pouvoir de surveiller les mots et les gestes de tout un chacun et son for intérieur ?
– Ah ! Vous vous inquiéteriez de cette forfaiture ? Seriez-vous de ceux qui ont tout à cacher ?
– Dame ! Les endroits écartés où d’être homme d’honneur… Et je n’y classe point, pour ma part, les parvis où s’agitent les sergents recruteurs de la guerre sainte.
– Croyiez-vous donc que le mahométisme occupera seul les mouches de la police ? Baderne ! Défiez-vous autant des sites libertins où vous pourrait conduire une humeur trop badine…
– Monsieur !
– Tout doux ! Foin de façons…
– Soit. Eh bien, ces connexions légères, la même loi scélérate les voudrait-elle pendables ?
– Nenni, cette loi point, mais celle que les mêmes parlementaires ont adoptée le douze du mois. Ne met-elle point à l’amende les pratiques du demi-monde, si que derrière chaque annonce qui sent sa gaudriole la maréchaussée devinera à sa convenance le bidet et le rideau rouge, le souk aux hétaïres et les mocassins bicolores ? Et qu’il n’est pas besoin que la transaction soit consommée pour que soit constitué le contrevenant de cinquième classe ?
– Mordiou ! Vous m’effrayez. Ne ferions-nous pas mieux de nous faire mahométans ? »

Pénélotte et Papa

Un journal du banc gauche fait sa une sur les déchirements d’un père et de sa fille ; il s’en délecte, pourquoi pas, la presse est bien libre d’opposer les générations et de convoquer les Atrides.

Seulement il se trompe, quand il présume que la publicité de leur différend nuira à la prospérité de leur entreprise. Ce n’est pas tant que de celle-ci les clients eux aussi se délectent, que de ce que, dedans elle, voilà isolé ce qui la rendait infréquentable aux autres, et que ce n’est plus elle entière qui leur répugnera.

Un père se sacrifie à porter seul le Mistigri, il mérite bien de l’amour de sa fille.

Invitation

On demande depuis quand les partis ont la haute main sur la république. Il y a défilé dimanche auquel le peuple est assez grand, en plus d’être assez révolté et meurtri, pour s’inviter tout seul, sans que les écuries électorales jouent les marraines au bal des débutantes.

Songeons que les partis qui concourent à l’expression du suffrage ne sont qu’un aspect de la liberté qu’on voudra en marchant défendre tout d’une pièce ; que les gazettes en sont un autre, et ici plus qualifié qu’eux, ce semble ; qu’ils n’ont vocation à n’être ni invitants ni invités, que seuls en ont les citoyens, et qu’ils l’ont d’être l’un et l’autre.

Mais que s’ils ne peuvent réprimer la vanité de se monter le col ils aient garde d’exclure l’un d’eux, inter pares. Si la ligne de la barbarie doit passer parmi eux, on demande où est celle qui oppose la république aux tueurs.

Les affligés

Tel est le dernier chic du banc gauche de se faire gloire d’avoir à porter le poids du monde qu’on s’attend à y voir paraître, après l’émouvant cortège des « économistes atterrés » et la troupe pitoyable des « socialistes affligés », quelque chose comme le monôme des instituteurs consternés ou la phalange des féministes accablées, qui tous autant nous serreront le cœur. 

Et que l’on y espère voir assez tôt rejoindre du banc droit, où ne doivent pas manquer, des quadrilles de libéraux abattus et des cohortes de conservateurs anéantis, parmi des escadrons de pharmaciens et de notaires tétanisés.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Observations |on 23 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

Amère couleur

 Frator passe dans tout Paris pour raciste. On lui découvre une maîtresse du plus beau jais, et riche, et nantie de gloriole et qui ne lui doit rien ; est-il absout ?

Que non, car ayant essuyé son congé il aurait eu avec elle des mots lourds de son vieux préjugé.

Voilà ses ennemis rassurés ; mais Frator eût-il été plus innocent s’il avait dit à la belle d’emblée : « Mademoiselle, eu égard à votre couleur, j’exclus qu’il y ait quoi que ce soit entre nous » ?

 

Publié dans:Aile droite, Observations |on 24 novembre, 2014 |Pas de commentaires »

Frissons d’émeute

C’est merveille que ce renvoi d’échos du banc gauche au banc droit.

Dimanche nous arrête au marché Senestre, chargée de follicules, qui nous veut faire pétitionner, dit-elle, pour couler dans la loi le caprice de la rue qui révoquera les élus. Pense-t-elle au Prince tout du bon, ou à l’adjoint aux sports de son faubourg, c’est égal.

Et vient mardi, et avec lui le temps des cérémonies de novembre, où ce même prince que toutes les étoiles semblent  conspuer va honorer les morts. Passe un aéronef au-dessus des anciens charniers de la terrible guerre qui tire un calicot appelant à sa démission. Et l’on voit Destrule se lever pour applaudir au mémorial compissé.

Quelle guêpe a piqué du même dard Senestre et Destrule ? Ou c’est quelque belle histoire de jacquerie qu’ils se seront racontée et dont ils se seront crus les héros.

Salle de shoot

Marmitus jure qu’il est sans prévention devant la loi de tolérance de salles d’inoculation pour héroïnomanes, et que son refus doit tout au défaut de preuve qu’elles soient de bon profit à l’hygiène publique. Dame ! La preuve n’en sera-t-elle pas faite seulement, ou écartée, après qu’on les aura essayées ?

Mais ce n’est pas son jugement dont il faut déplorer le plus la précarité ; et qu’il ait garde de se voir traiter en chien.

Car sa collègue Lamorta, rapporteuse de la même loi, s’est tant pénétrée de la foi que ses piquodromes sauveront les malheureux de la rue et la rue des malheureux, qu’elle tient que nul n’en peut rien contester sans se ranger au ban du genre humain.

Ainsi va le débat parlementaire. Un myope prétend qu’il n’y a rien à voir, et une illuminée qu’on ne tolère plus l’ombre.

Linge

Le maire de *** s’est effrayé de culottes qui sèchent. D’un arrêté, il les refoule des balcons. Les voilà, toutes chemises et serviettes, vers l’intérieur des logis, où moisisent déjà le soir les jeunes esprits qu’un autre arrêté de sa main a consignés devant la télévision. Tant ce sont choses dégoutantes que linge qui pendouille et morveux par les rues.

J’ai fait mon devoir de maire de ***, dit-il – et dans son regard de tekel luit un éclat de fierté –, en libérant la rue de ces désordres et ces déballages privés.

Sans doute, Mouflard, et vous avez déjà un autre arrêté dans la manche : ces gens ne prennent-ils pas trop d’aise avec l’espace public, ont-ils un titre pour y déambuler ? Une concession dont ils se peuvent prévaloir ? La République vous éclaire de son vieux candélabre : la rue appartient à ceux qui détiennent une fonction publique.

Quelque blessure ancienne qu’il n’aura su panser sur un divan a conformé Mouflard. Une répugnance au dedans qui s’exhibe, la peur de se voir nu dans le négligé des autres, l’angoisse de l’intime, et la terreur de l’empire féminin, cet empire dont la marmaille égaillée et fugueuse étire les frontières et dont le linge frais lavé évoque d’autres chaleurs humides. Une terreur de maigre garçon, mal grandi, qui se défausse des malfaçons du monde dans le giron premier.

Publié dans:Aile droite, Chronique compendieuse |on 21 mai, 2014 |Commentaires fermés

Esclavage

Que vous importe, Destrule, que Tant’Rita n’ait pas entonné l’hymne ? Sur quoi fondez-vous la croyance que son silence ne valait pas une fausse note, et que les Lares de la république en auront pris ombrage ?

Que vous encolérez-vous, Sinestre, si Philophore sait mieux que vous l’histoire de l’Afrique, s’il dit que les négriers n’y étaient souvent pas moins moricauds que leurs captifs, et qu’il s’y en trouve encore pour exercer aujourd’hui ce commerce ?

Voilà sur le banc droit Grisdemeaux choqué qui prend sa tête entre ses mains ; voilà à gauche un porte-pet qui prend le ciel et les anges à témoin. Il faut à l’un qu’une ministre s’excuse d’être cacophone, à l’autre qu’un député s’engage à ne plus fréquenter Clio.

Je vois seulement que ces deux que la bêtise partisane oppose ne sont pas moins l’un que l’autre, la belle affaire, adversaires de l’esclavage. Et même, je les soupçonne d’ourdir chacun quelque projet pour le bonheur du genre humain.

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