Archive pour la catégorie 'Aile droite'

Résignation

Les électeurs qui votent encore veulent le Consulat, ils l’auront.

Molle veillée d’armes. Quatre cents somnanbules que porte le caprice d’un vent tiède s’en viennent peupler l’Assemblée, qui donneront les pleins pouvoirs à leur champion et retourneront aux mollesses du libéralisme compassionnel dont ils bredouillent depuis un mois les éléments de langage.

Leophorius ne fait pas même mine de s’intéresser à cette claque. Il est consul, pour autant qu’on peut l’être seul ; il sait, du moins, que la suite ne tend pas vers l’Empire. Eh puis ! Qu’est-ce que cela fait ?

 

monoconsul

 

Godillots

Les premiers pas du jeune prince éblouissent le monde, et le corps torpide de la vieille nation frémit d’une vague électrique. Qu’est donc Leophorius ? Nul ne le sait, mais l’électeur fera ce que Leophorius lui demande : sans doute, il lui donnera en juin cette foule de députés, moitié de rechapés et d’apostats, moitié de sectateurs et de novices, dont le nouveau consul attend l’applaudissement au spectacle de ses ordonnances ; foule d’élus dont il aura encore plus raison de réduire le nombre !

Chambre de godillots, populations enchantées, adversaires tétanisés, ce pouvoir sera solitaire, parce que Leophorius est fou, et que sa folie fait sa force. Oui, l’entreprise est belle par l’audace de la conduite. L’on en oublie le but qui lui est assigné, le sauvetage des ordres rentiers et des classes à paillettes, qui en ce beau mois de mai, de la Croisette à la Porte d’Auteuil, communient dans l’oubli de la colère qui couve.

 

godillots

Ménagements

Leophorius aura-t-il une majorité de son indécise couleur ? On le peut redouter, il s’y faut accoutumer. Or c’est chose étrange qu’ayant prêché des mois contre les vieux partis et pour des majorités ad hoc, le jeune homme revendique avec un art de toutes ficelles de se donner un giron parlementaire à lui, où retremper sa conviction, comme si l’assurance de convaincre et de persuader menaçait de le quitter déjà.

S’il a refusé à Samuelsmall, qui le veut soutenir et commence seulement de payer le prix de ses traîtrises, la largesse d’un circonscription, s’il mégote à Loubear l’accord par quoi il l’a rallié ; mais s’il n’oppose personne au premier et finira par ménager l’humeur du second, ce n’est pas tant que ces deux-là aient le moyen de le faire maintenant trébucher, mais que l’un ne le connaît que trop, et que l’autre l’a tôt percé, et qu’ils feraient, fâchés, des témoins encombrants du vide qui l’éclaire. Et demain des syndics de faillite de son parti de bric et de broc.

Épilogue

Toutes celles et ceux qui ont voté Leophorius pensent avoir fait ce qu’il fallait et en même temps pensent autre chose.

L’heure du #débat

Létrangeté à la France qui se lève tôt réunit assez Pénelotte et Leophorius, pour quils aient indifféremment accepté que leur confrontation dans la lucarne commençât à 21 heures, pour en durer près de quatre.

Espérances

Leophorius, sûr de triompher au second tour, n’espère que de passer le premier, d’une espérance teintée de présomption.

Coquillon n’espère pas de rétablir sa réputation et ne s’en sent pas moins voler, tant elle lui fait un poids de moins.

Pénelotte espère trouver en mai sur quel pied danser, face à Lambuche.

Lambuche espère en retour un face-à-face avec Pénelotte ; ces deux-là s’aiment.

Monbenêt, sur les traces de Monsieur X 1969, espère encore sauver le remboursement des frais engagés par son pauvre parti.

Martin d’Ahan espère faire battre Coquillon.

Pâtratas espère qu’on se demandera dimanche au soir s’il se désiste – mais vers quoi le bonheur se peut-il désister ?

Toupou espère assez d’indulgence lundi à la maison, après une longue campagne qui l’a soustrait au partage des tâches ménagères.

Eaussaline espère avoir assez convaincu le public de faire de lui un député européen en 2019.

Lorette n’espérait rien de cette élection, et elle espère recommencer la prochaine fois.

Largentin espère que le dernier sera par les idées premier à titre posthume, un succès qu’on lui souhaite le plus lointain possible.

#Expatriée

Si Leophorius avait parlé d’une Niçoise ou d’une Cantaloue “expatriée” à Brest plutôt qu’en Guadeloupe, il n’aurait pas suscité la feinte indignation d’un Philocruche, ni le reptilien sarcasme de la foule, qu’une autre risée agitera demain.

Trump

Mais nous fondons sur ce monsieur Trompette les plus vives espérances : il serait trop juste que le pays qui a répandu la laideur sur l’univers entier se le donnât pour chef ; la démocratie représentative s’en verrait rechampie, à défaut que le monde le soit. Il est trop tard ; l’Amérique a mérité monsieur Trompette, et nous avons mérité notre soumission à son Amérique.

Vivre-ensemble (le)

À y bien regarder, la peste soit de ce trait d’union-là. Tous ces événements de l’an passé n’ont pas du peuple épuisé le courage, mais le zèle de la cour tant que des parlements et des gazettes, des paroisses et des ligues, à en célébrer le souvenir aura tôt fait d’écœurer les plus dociles.

Encore que l’on se fût, dans les billets et sous les préaux, si abondamment adonné qu’on l’a fait pour verser le même jus tiède, à réunir les motifs qu’il y a dans les nations de ne pas s’entretuer ! Qu’on eût rappelé par le détour de cent tableaux, d’autant de fables et de mille apologues, combien l’aménité est préférable à la rudesse, la bienveillance à la raillerie et la politesse à la morgue, la prévenance à la désinvolture, le tact à la grossièreté, l’attention à l’imbécillité et la persuasion à la violence…

Mais qui parle de cela ? Il ne faut plus passer que par le vivre-ensemble, qui nous met la nausée à la gorge, et qu’on dégorge tout de bon quand il est pour surcroît citoyen.

Tolérance zéro

La fable des cinq cents millions que le saut de portillon coûterait aux transports publics sert depuis trois mois d’antienne à Pécrassine, dans la course à l’élection régionale. Obliger l’usager de la malle urbaine à se munir des preuves de son état-civil ?

Grobertru, Hystrézi et quelques autres ennemis de la liberté qui siègent sur le banc droit se sont offerts à porter l’idée avec elle, et le banc gauche la fera sienne demain, en jurant qu’il lui en substitue une autre.

Or pourquoi ne pas exiger en plus du suspect un acte complet de moins de trois mois, la preuve de la religion de ses pères ou un certificat d’aryanité ?

Pécrassine au moins échappera à ces obligations ; elle aura après la campagne une voiture de fonction.

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