Archive pour la catégorie 'Chronique compendieuse'

Chargé de mission

Un satellite du cabinet princier, ramassé naguère sur le banc gauche par Leophorius en campagne, s’ennuyait assez pour avoir inventé, un jour de premier mai, de bastonner quelques manifestants, comme s’il avait jamais tenu l’autorisation patentée de le faire. Un autre processionnaire le filme, une gazette reconnaît le chargé de mission sous son heaume improvisé et vend bientôt l’affaire, avec force unes.
Le Château s’en émeut, Leophorius affecte de ne s’en pas soucier, mais fait punir l’inconséquent d’une mise à pied de quinze jours assortie de la suspension de ses émoluments. C’est, jure son cabinet, la réprimande maximale que les règlements autorisent. Et puisqu’il n’y a, ce semble, pas d’action en justice aboutie (seul Leophorius sait pourquoi), l’affaire devrait trouver là son terme.
Or le feu prend dans toutes les rédactions et les oppositions, et il n’est soudain plus rien qui importe autant le vingt juillet que cette rixe de mai. Virage sur l’aile. Il ne se passe pas vingt-quatre heure que le cabinet du prince annonce le licenciement sec de l’imprudent bastonneur.
Il faut conclure, si l’on a bien suivi, que cette décision est illégale. Ou, si l’indignation n’en est pas assouvie, que fera-t-on encore, pendre le chargé de mission haut et court ?

Publié dans:Chronique compendieuse |on 21 juillet, 2018 |Commentaires fermés

Dernières nouvelles de l’État

Vous aviez cru, peut-être, que lÉtat poursuivait quelque mission régalienne, quil administrait la paix ou la guerre, que cela loccupait fort ; vous aviez cru que par sa police et sa justice il avait vocation à défendre les personnes contre les attaques des méchants ; vous aviez cru quil les voulait défendre autant contre les aléas de la vie ?

Eh bien ! Corrigez-vous. Leophorius vient de parler devant grand parterre de muguets et de péronnelles, et il a dit le vrai du vrai : lÉtat sert à punir ceux-là qui parlent comme ils veulent. Pas comme lui. Il nest seulement que de penser autrement qu’il le fait.

Cest vertu de le reconnaître, que la vindicative violence est le seul étai du trône.

Publié dans:Aile droite, Aile gauche, Chronique compendieuse |on 26 novembre, 2017 |Commentaires fermés

Lumières de la Ville

Il se dit çà et là que la mairesse de Paris ne serait plus si fière hidalga qu’elle accoutumait de paraître. Qu’un emploi qu’elle aurait feint d’occuper en serait la cause maligne. C’est bien du souci que tous ces emplois. Car on entend tantôt grandes lamentations qu’on en manque, tantôt qu’on récrimine que certains en abusent. Allez comprendre.

Anneton œuvrait au ministère à des travaux obscurs, et s’enivrait de phrases pour convertir le monde, quand la ville la distingua. Elle n’était pas si folle de croire que la fortune, dont la visite devait plus à son entregent qu’à ses mérites, lui commandât de lâcher la proie pour l’ombre. Or la fortune s’obstina ; pas chienne, elle ne demandait pas grand-chose en retour : qu’Anneton prît la pose, qu’elle débitât quelque sottise résumée en éléments de langage, rien. Et de l’autre côté s’émoussait le souvenir de longues heures ardues à vaticiner sur des règlements dont la poussière lui faisait injure…

Mais voilà Anneton première édile, et perdu le souvenir d’un emploi. Le traitement en courait, elle l’oubliait. Et puis elle professait d’inspecter travail dont on chipotait à d’autres le salaire, que voulez-vous qu’elle eût du jugement sur un loisir à elle dont elle était bien payée ?

Ce sont de méchantes gazettes qui la chargent aujourd’hui. Mais Anneton s’en venge bien : en ôtant le pain de la bouche des kiosquiers.

Publié dans:Aile gauche, Chronique compendieuse |on 10 novembre, 2017 |Commentaires fermés

Résignation

Les électeurs qui votent encore veulent le Consulat, ils l’auront.

Molle veillée d’armes. Quatre cents somnanbules que porte le caprice d’un vent tiède s’en viennent peupler l’Assemblée, qui donneront les pleins pouvoirs à leur champion et retourneront aux mollesses du libéralisme compassionnel dont ils bredouillent depuis un mois les éléments de langage.

Leophorius ne fait pas même mine de s’intéresser à cette claque. Il est consul, pour autant qu’on peut l’être seul ; il sait, du moins, que la suite ne tend pas vers l’Empire. Eh puis ! Qu’est-ce que cela fait ?

 

monoconsul

 

Godillots

Les premiers pas du jeune prince éblouissent le monde, et le corps torpide de la vieille nation frémit d’une vague électrique. Qu’est donc Leophorius ? Nul ne le sait, mais l’électeur fera ce que Leophorius lui demande : sans doute, il lui donnera en juin cette foule de députés, moitié de rechapés et d’apostats, moitié de sectateurs et de novices, dont le nouveau consul attend l’applaudissement au spectacle de ses ordonnances ; foule d’élus dont il aura encore plus raison de réduire le nombre !

Chambre de godillots, populations enchantées, adversaires tétanisés, ce pouvoir sera solitaire, parce que Leophorius est fou, et que sa folie fait sa force. Oui, l’entreprise est belle par l’audace de la conduite. L’on en oublie le but qui lui est assigné, le sauvetage des ordres rentiers et des classes à paillettes, qui en ce beau mois de mai, de la Croisette à la Porte d’Auteuil, communient dans l’oubli de la colère qui couve.

 

godillots

Ménagements

Leophorius aura-t-il une majorité de son indécise couleur ? On le peut redouter, il s’y faut accoutumer. Or c’est chose étrange qu’ayant prêché des mois contre les vieux partis et pour des majorités ad hoc, le jeune homme revendique avec un art de toutes ficelles de se donner un giron parlementaire à lui, où retremper sa conviction, comme si l’assurance de convaincre et de persuader menaçait de le quitter déjà.

S’il a refusé à Samuelsmall, qui le veut soutenir et commence seulement de payer le prix de ses traîtrises, la largesse d’un circonscription, s’il mégote à Loubear l’accord par quoi il l’a rallié ; mais s’il n’oppose personne au premier et finira par ménager l’humeur du second, ce n’est pas tant que ces deux-là aient le moyen de le faire maintenant trébucher, mais que l’un ne le connaît que trop, et que l’autre l’a tôt percé, et qu’ils feraient, fâchés, des témoins encombrants du vide qui l’éclaire. Et demain des syndics de faillite de son parti de bric et de broc.

Épilogue

Toutes celles et ceux qui ont voté Leophorius pensent avoir fait ce qu’il fallait et en même temps pensent autre chose.

L’heure du #débat

Létrangeté à la France qui se lève tôt réunit assez Pénelotte et Leophorius, pour quils aient indifféremment accepté que leur confrontation dans la lucarne commençât à 21 heures, pour en durer près de quatre.

Espérances

Leophorius, sûr de triompher au second tour, n’espère que de passer le premier, d’une espérance teintée de présomption.

Coquillon n’espère pas de rétablir sa réputation et ne s’en sent pas moins voler, tant elle lui fait un poids de moins.

Pénelotte espère trouver en mai sur quel pied danser, face à Lambuche.

Lambuche espère en retour un face-à-face avec Pénelotte ; ces deux-là s’aiment.

Monbenêt, sur les traces de Monsieur X 1969, espère encore sauver le remboursement des frais engagés par son pauvre parti.

Martin d’Ahan espère faire battre Coquillon.

Pâtratas espère qu’on se demandera dimanche au soir s’il se désiste – mais vers quoi le bonheur se peut-il désister ?

Toupou espère assez d’indulgence lundi à la maison, après une longue campagne qui l’a soustrait au partage des tâches ménagères.

Eaussaline espère avoir assez convaincu le public de faire de lui un député européen en 2019.

Lorette n’espérait rien de cette élection, et elle espère recommencer la prochaine fois.

Largentin espère que le dernier sera par les idées premier à titre posthume, un succès qu’on lui souhaite le plus lointain possible.

Abstention vous mêmes

C’est une des choses qui s’entendent chez nos politiques, insuffisamment accablés peut-être de leurs insuffisances, que l’insuffisance de l’électeur compterait parmi les pires maux qui accablent la république : le manant s’abstient. Dame ! N’est-ce pas assez d’invectives entre les partis qu’il faille encore vilipender ceux qui abdiquent l’opinion ?

L’expérience des derniers gouvernements, à en juger par la fureur de leur controverse sur le taux de prélèvement ou l’âge de la pension, ne devrait-elle pas plutôt inspirer à Leophorius, à Pénélotte, à Coquillon, à Monbenêt et à Lambuche de s’abstenir aussi ?

Nous demandons qu’ils s’entendent pour ce faire, et réclamons que le prochain gouvernement n’ait pas d’autre occupation que d’expédier les affaires courantes.

Quoi ! Le royaume de Belgique n’a-t-il pas vécu sans encombre dix-huit mois sans un gouvernement plus armé ? Et celui des Espagnes presque un an ? En ont-ils été effacés de la carte ? Bien à l’inverse, ils ont soufflé. Et ils s’en sont trouvés mieux, ou moins mal, tant la brièveté de l’expérience ne pouvait les guérir assez tôt des ulcères qui leur venait du haut.

Il nous faudrait guérir de la maladie d’être gouvernés, et de la superstition qu’un suffrage procure la lumière. À supputer comme en va le cours, nous préférerons notre obscurité.

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