Chargé de mission

Un satellite du cabinet princier, ramassé naguère sur le banc gauche par Leophorius en campagne, s’ennuyait assez pour avoir inventé, un jour de premier mai, de bastonner quelques manifestants, comme s’il avait jamais tenu l’autorisation patentée de le faire. Un autre processionnaire le filme, une gazette reconnaît le chargé de mission sous son heaume improvisé et vend bientôt l’affaire, avec force unes.
Le Château s’en émeut, Leophorius affecte de ne s’en pas soucier, mais fait punir l’inconséquent d’une mise à pied de quinze jours assortie de la suspension de ses émoluments. C’est, jure son cabinet, la réprimande maximale que les règlements autorisent. Et puisqu’il n’y a, ce semble, pas d’action en justice aboutie (seul Leophorius sait pourquoi), l’affaire devrait trouver là son terme.
Or le feu prend dans toutes les rédactions et les oppositions, et il n’est soudain plus rien qui importe autant le vingt juillet que cette rixe de mai. Virage sur l’aile. Il ne se passe pas vingt-quatre heure que le cabinet du prince annonce le licenciement sec de l’imprudent bastonneur.
Il faut conclure, si l’on a bien suivi, que cette décision est illégale. Ou, si l’indignation n’en est pas assouvie, que fera-t-on encore, pendre le chargé de mission haut et court ?

Publié dans : Chronique compendieuse |le 21 juillet, 2018 |Commentaires fermés

Commentaires et pings sont desactivés.

Commentaires desactivés.

Langue de bois |
La Feuille Moissagaise |
Les Jeunes CDH Verviétois |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | palabre
| Services d’intérêt économiq...
| Le Blog-Notes d'Yves Baumul...