Lumières de la Ville

Il se dit çà et là que la mairesse de Paris ne serait plus si fière hidalga qu’elle accoutumait de paraître. Qu’un emploi qu’elle aurait feint d’occuper en serait la cause maligne. C’est bien du souci que tous ces emplois. Car on entend tantôt grandes lamentations qu’on en manque, tantôt qu’on récrimine que certains en abusent. Allez comprendre.

Anneton œuvrait au ministère à des travaux obscurs, et s’enivrait de phrases pour convertir le monde, quand la ville la distingua. Elle n’était pas si folle de croire que la fortune, dont la visite devait plus à son entregent qu’à ses mérites, lui commandât de lâcher la proie pour l’ombre. Or la fortune s’obstina ; pas chienne, elle ne demandait pas grand-chose en retour : qu’Anneton prît la pose, qu’elle débitât quelque sottise résumée en éléments de langage, rien. Et de l’autre côté s’émoussait le souvenir de longues heures ardues à vaticiner sur des règlements dont la poussière lui faisait injure…

Mais voilà Anneton première édile, et perdu le souvenir d’un emploi. Le traitement en courait, elle l’oubliait. Et puis elle professait d’inspecter travail dont on chipotait à d’autres le salaire, que voulez-vous qu’elle eût du jugement sur un loisir à elle dont elle était bien payée ?

Ce sont de méchantes gazettes qui la chargent aujourd’hui. Mais Anneton s’en venge bien : en ôtant le pain de la bouche des kiosquiers.

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse |le 10 novembre, 2017 |Commentaires fermés

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