Pénibilité

Crispin depuis vingt ans foule les tuiles et court sur les faîtages ; il y a fait sa maigre fortune et emploie deux aides. Un journal lui apprend que la tâche est pénible, et l’est de par la loi ; un préfet bientôt le redit, bientôt un inspecteur.

Il n’en disconvient pas.

Mais il faut, lui disent successivement ces puissances, que vous calculassiez le temps que vos arpètes passent dans les hauteurs.

Comment faire ce compte ? Rien de plus simple, et une liasse épaisse dégueule du portefeuille que le visiteur de Crispin presse sous des manches amidonnées, tout est là noté : c’est l’étude diligentée par le comité de la branche, où il apparoît sans conteste que le ciel est près d’être touché à partir du septième barreau de l’échelle, qu’il faut par semaine trois heures de station à ces hauteurs pour que la quantité en soit commensurable, sous la restriction de ne pas dépasser trente heures. 

Crispin n’y entend rien, met un aide tout un mois sur la touche pour payer un comptable qui l’enfume et le vole, reprend l’aide, jette la liasse au vent, avec l’étude, le préfet et le comité.

Si haut qu’il grimpera ou ne grimpera plus, celui-là va longtemps cotiser au plafond.

Publié dans : Observations |le 23 décembre, 2014 |Pas de Commentaires »

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