À la barre

On demande trop à la justice des hommes, et ce n’est pas dire qu’il ne faut pas qu’elle passe. Un procès s’ouvre pour mille maisons balayées par la vague et que l’État a fait raser. Quatre ans après le déchaînement des cieux sous un nom d’Artemis, les affligés témoignent d’un conjoint emporté dans les boues, de l’amertume d’en avoir réchappé, des souvenirs d’une vie qui n’ont plus rien où se poser. Et le Journal de 8 heures déroule l’air des parties civiles qui n’ont pas de haine dans le cœur mais demandent la vérité

Or qui ne voit l’artifice de cette rhétorique ajustée, et qu’à côté d’une équanimité admirable s’entretient une quête bien vaine ; que le procès ne livrera jamais la vérité ; que les seules vérités solides qu’ils y peuvent caresser sont que l’eau coule, que le vent soulève les mers et que les prés inondables sont un jour inondés ; qu’à percer les égarements et les impairs, les bévues et les corruptions, dans le codex des plans d’urbanisme et des permis de construire, s’établiront seulement des points de circonstance propres à nourrir des imputations pénales ; qu’eussent-ils nourri quelque haine, elle se fût un peu assouvie dans la dénonciation des effrontés et des fripouilles ; mais que d’en avoir pas deux onces, il ne leur faut espérer nulle vérité consolatrice, qu’il n’y a que la peine et la douleur immense.

Publié dans : Observations |le 12 octobre, 2014 |Pas de Commentaires »

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