Entrez donc…

Entrez donc… nayezpaspeur

… et tâchez d’enjamber les  panneaux de réclame là-dessous (ou posez-y vous, ils ne font point de mal).

Publié dans : Chronique compendieuse | le 10 mai, 2009 |Commentaires fermés

Remaniement

C’était hier, et la nouvelle aura été promptement effacée par le coup de balai qu’a donné aujourd’hui Batavio dedans sa cour : l’eussiez-vous cru, Lambuche est candidat à sa prochaine figuration à l’élection suprême.

Dites-moi donc qu’il n’y a pas tant de jours dans l’année que ces entrechoquements ne se puissent produire, je vous dis, moi, que vous avez le nez trop court, et que ces deux-là se sont parlé comme devant. Qu’il était trop précieux au premier de convaincre le second d’occuper à gauche la bordure, tandis que lui retapisserait le mou du ventre. Et qu’enfin il faudra qu’il n’y ait rien de ce côté qui gêne, rien donc que lui et lui.

Et ne dites pas davantage que notre prince à la cravate traversière aurait trop répugné à soulever son téléphone à cause de mauvaises paroles prononcées il y a quatre ou cinq ans. Rappelez-vous qu’avec Gambaze, qui tient de cornaquer le troupeau socialeux d’avoir ses petites entrées au Palais, Lambuche a plus que des affinités : il a des souvenirs. Et l’âge venant, quelle chose nous pourrait plus attendrir ?

 

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse | le 12 février, 2016 |Commentaires fermés

Vivre-ensemble (le)

À y bien regarder, la peste soit de ce trait d’union-là. Tous ces événements de l’an passé n’ont pas du peuple épuisé le courage, mais le zèle de la cour tant que des parlements et des gazettes, des paroisses et des ligues, à en célébrer le souvenir aura tôt fait d’écœurer les plus dociles.

Encore que l’on se fût, dans les billets et sous les préaux, si abondamment adonné qu’on l’a fait pour verser le même jus tiède, à réunir les motifs qu’il y a dans les nations de ne pas s’entretuer ! Qu’on eût rappelé par le détour de cent tableaux, d’autant de fables et de mille apologues, combien l’aménité est préférable à la rudesse, la bienveillance à la raillerie et la politesse à la morgue, la prévenance à la désinvolture, le tact à la grossièreté, l’attention à l’imbécillité et la persuasion à la violence…

Mais qui parle de cela ? Il ne faut plus passer que par le vivre-ensemble, qui nous met la nausée à la gorge, et qu’on dégorge tout de bon quand il est pour surcroît citoyen.

Taureaux

D’aucuns s’éjouissent de voir le bureaucrate étouffer le toréador. Leur cœur sensible les arme assez contre la tauromachie. Grande victoire ! Et ils s’en vont à manger à la guinguette les viandes de bœufs et de veaux qui n’auront jamais vu en face ni le soleil ni la mort.

Que leur coûte l’abattage concentrationnaire, s’ils peuvent s’absoudre d’une caresse théorique sur l’échine d’un fauve ?

Nous demandons un lâcher de toros dedans l’enceinte du Parlement d’Europe.

Publié dans : Observations | le 31 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

Tolérance zéro

La fable des cinq cents millions que le saut de portillon coûterait aux transports publics sert depuis trois mois d’antienne à Pécrassine, dans la course à l’élection régionale. Obliger l’usager de la malle urbaine à se munir des preuves de son état-civil ?

Grobertru, Hystrézi et quelques autres ennemis de la liberté qui siègent sur le banc droit se sont offerts à porter l’idée avec elle, et le banc gauche la fera sienne demain, en jurant qu’il lui en substitue une autre.

Or pourquoi ne pas exiger en plus du suspect un acte complet de moins de trois mois, la preuve de la religion de ses pères ou un certificat d’aryanité ?

Pécrassine au moins échappera à ces obligations ; elle aura après la campagne une voiture de fonction.

Publié dans : Aile droite, Chronique compendieuse | le 22 août, 2015 |Pas de Commentaires »

Demande d’asile (@Elysee )

Nous ne vous reprocherons pas, Monsieur le Président, de visiter M. Biya, M. Santos, ou tout autre satrape que vous voudrez et que la diplomatie commande de voir, mais nous ne nous défâcherons pas de votre rejet de la demande d’asile de M. Assange, parce qu’elle entache l’honneur de notre pays.

Ah ! Et ne nous dites pas qu’il ne peut y prétendre n’étant que poursuivi par la justice de démocraties exemplaires, alors que sont notoires les méthodes sinon tant les services qui l’ont attiré dans le piège où vous le repoussez. Nous avons soupé déjà de ces lâches défausses.

Publié dans : Aile gauche, Chronique compendieuse | le 3 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Loi scélérate

« N’est-ce pas aujourd’hui que ces Messieurs du Parlement vont donner aux gens d’armes pouvoir de surveiller les mots et les gestes de tout un chacun et son for intérieur ?
– Ah ! Vous vous inquiéteriez de cette forfaiture ? Seriez-vous de ceux qui ont tout à cacher ?
– Dame ! Les endroits écartés où d’être homme d’honneur… Et je n’y classe point, pour ma part, les parvis où s’agitent les sergents recruteurs de la guerre sainte.
– Croyiez-vous donc que le mahométisme occupera seul les mouches de la police ? Baderne ! Défiez-vous autant des sites libertins où vous pourrait conduire une humeur trop badine…
– Monsieur !
– Tout doux ! Foin de façons…
– Soit. Eh bien, ces connexions légères, la même loi scélérate les voudrait-elle pendables ?
– Nenni, cette loi point, mais celle que les mêmes parlementaires ont adoptée le douze du mois. Ne met-elle point à l’amende les pratiques du demi-monde, si que derrière chaque annonce qui sent sa gaudriole la maréchaussée devinera à sa convenance le bidet et le rideau rouge, le souk aux hétaïres et les mocassins bicolores ? Et qu’il n’est pas besoin que la transaction soit consommée pour que soit constitué le contrevenant de cinquième classe ?
– Mordiou ! Vous m’effrayez. Ne ferions-nous pas mieux de nous faire mahométans ? »

Fou du roi

Quand la foule est souveraine, la plus digne mission dont les gens d’esprit se puissent revêtir n’est-elle pas celle de fous d’une cour aussi capricieuse qu’étendue ? De manier le paradoxe tant que l’hétérodoxe, de procéder du contrepoint, de tourner le sérieux en farce et de fronder le ricanement par le tragique ?

Peu de nos clercs s’y osent. Trop y préfèrent la posture de l’anticorrection, qui consiste pour le banc droit à se croire oppressé par le gauche, ou de la rébellion en chaise, par quoi le banc gauche prête toute puissance au droit.

Ceux-là sont tous gens de parti plus que d’esprit ; ils ne sont pas assez libres, de ce qu’ils ne sont pas assez fous.

Publié dans : Observations | le 6 mai, 2015 |Commentaires fermés

Mise à mort

On faisait grief à Johantur, qui fut syndic en la ville de Martin, n’y fit guère plus fortune et s’évita d’être jamais ministre, d’un trafic de sacrements civils. 

Qu’était-ce là de si lourd, qui ne pèse pas le quart de ce dont se relevèrent des Palainjé, des Ricorvet et des Gambaze ?

Il s’est vidé dedans la bouche le fût de sa canardière, et l’on le portera demain en terre. 

Le petit matin blème d’un ministre calomnié au temps d’un vieux prince sourd de la mémoire pour éclairer les oraisons. Et l’on ne songe pas aux ressources où puisa naguère Estradius, pour rétablir sa réputation et survivre trente ans au ragot d’avoir comploté à empoisonner des malades.

Contre l’outrage, lui et d’autres brandirent avec succès la foi de l’innocence ; d’autres ne daignent pas honorer leurs accusateurs d’un regard.

C’est qu’il avait à se reprocher, entend-on, s’il se tue ! 

Il faut à la foule vengeresse des raisons simples, qui la justifient de sa soif de meurtres.

Pénélotte et Papa

Un journal du banc gauche fait sa une sur les déchirements d’un père et de sa fille ; il s’en délecte, pourquoi pas, la presse est bien libre d’opposer les générations et de convoquer les Atrides.

Seulement il se trompe, quand il présume que la publicité de leur différend nuira à la prospérité de leur entreprise. Ce n’est pas tant que de celle-ci les clients eux aussi se délectent, que de ce que, dedans elle, voilà isolé ce qui la rendait infréquentable aux autres, et que ce n’est plus elle entière qui leur répugnera.

Un père se sacrifie à porter seul le Mistigri, il mérite bien de l’amour de sa fille.

Dans le doute…

Il était donc question d’alléger le fardeau de l’impôt en ôtant au millefeuille des parlements de province et des diètes urbaines une couche de pâte. 

Le nom de l’une en a changé, la taille des circonscriptions en est haussée et le nombre de conseillers réduit. On les va faire élire par binômes de sexes, pour qu’aucune tête ne dépasse, dût la pantalonnade de ce mariage obligatoire au contraire de l’autre exclure les couples de bougres ou bougresses.

Ces dames et messieurs du Parlement par la nouvelle loi auront bien travaillé ; le département vaquera à nouveaux frais à sa lourde tâche : distribuer des places et des charges ; disputer avec la ville et la région le financement d’un kilomètre de pavé ; repeindre le collège jusqu’à la porte du lycée ; interpréter les critères d’octroi du revenu des indigents – pour qu’il s’en trouve autant de lectures en France qu’il y en a chez les préfets sur l’asile des réfugiés –, et étendre cette herméneutique à l’édiction du taux d’impotence des vieillards reclus près de leur poêle et dont nul conseiller jamais ne fait tinter la sonnette de l’huis.

On se plaignait de ce que le populaire se faisait trop rare sous les préaux pour l’office civique, voilà la potion pour l’aiguillonner. 

Et le doute nous prend à en repasser la recette ; décidément, nous aurons ce dimanche quelque autre affaire en route que la carrière de ces gonines et gonins en doublets.

Publié dans : Barons félons, Observations | le 21 mars, 2015 |Pas de Commentaires »
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